Vrolok - Void (The Divine Abortion)

VROLOK
Void (The Divine Abortion)
Drakkar Productions, 2007

 

 

Oserez-vous risquer votre âme dans les méandres d'une oeuvre si noire et malsaine, une pièce tout simplement à part qui, si elle touche en premier lieu à l'art black metal, se ramifie en une expression occultiste des plus captivantes. L'ambiance morbide se nourrit de la folie qui a frappé les individus victimes de cette infection nommée Vrolok; les guitares reposent sur un son qui les élèvent au rang d'objet sacrificiel, elles sont lames, sang, cris, chair, souffrance, naissance et fin, là où une trame plus atmosphérique détache ces expérimentations de cordes vipérines sur un fond cauchemardesque et oppressant. Clarté puissante des riffs dans ces miasmes où distorsions, dissonances et diverses perversions auditives rapprochent le pèlerin du gouffre, d'un néant qui le rongera telles les émanations de ce cancer rampant dans les circonvolutions de "Void". Grande cérémonie de la nuit sur "Turning Purple in the Dark", extase maladive précédant "Radiance" où la guitare semble avoir copulé avec la gueule d'un cuivre décadent suant les dépravations. Le chant vaut son poids de fractures mentales quand il se répand en échos de douleur, un reflet des plus réussis du climat torturé de cet album, mais c'est sans doute le titre éponyme qui, durant un quart d'heure (avec au début une voix claire prenante posant sa mélodie magnétique sur une saturation imposante), va clore dans sa spirale de l'angoisse ce disque maudit. Les rites secrets attachés à l'ange de Lumière ont encore bien des choses à nous apprendre, ne passez en tout cas pas à côté de ce "Void", vous n'oublierez pas les saveurs mortelles de son obscurité.

       Gasp