Ufych Sormeer - Crazy Mac

UFYCH SORMEER
Crazy Mac

Holy Records, 2006

 


Vous vous souvenez de ce bolide qui a percuté la Terre en soufflant sur nos têtes apeurées un vent de folie jubilatoire ? Eh bien la cascade d’étoiles est revenue se frotter au miroir géant pour mieux l’éparpiller aux quatre coins de ses mille fragments… avec un œil visionnaire dans chaque pixel ! Après le mini-CD «The Whimsical have a Dream», Ufych Sormeer scotche l’espace, le temps, monsieur Spock et l’ultime galaxie qui bâille aux portes du Big bang avec cet album que, pour ma part, j’attendais avec impatience. J’avais vraiment hâte de voir le voyage se poursuivre tant le phénomène a su ravaler la façade de mon cortex en le plongeant dans un univers musical unique. Les dés magiques jetés du haut de la station orbitale citée précédemment ont roulé en combinaisons originales créatives et décapantes qui ne sont pas avares de surprises ni de revirements de situation. Bouquet de déjante expressive qui vous fouette le système nerveux sous le coup d’assauts à géométrie variable, pas évident donc de cerner la créature ! Sur une base heavy metal, des plantes bizarres poussent dans tous les sens, distillent une drogue hallucinogène où les pages d’une symphonie épique étonnante («We thought this Battle lost», par exemple) vont enfanter un entrelacs de sonorités électroniques futuristes, l’ensemble s’affirmant au sein d’un climat où un chaos apprivoisé partage avec l’auditeur son goût pour un éventail de dimensions exubérantes. Chaussez vos meilleurs ressorts, parce que ici, tout n’est que rebonds ; quand la cyberelectro étrange et captivante de «Mechanism of a Cold Macrocosm» s’empare de nous, c’est pour mieux nous balancer sur les salves d’énergie pure de «And Oneria falls…». Breaks, cassures, ambiances mouvantes et brusques changements de décor sans jamais tomber dans le brouillon ; l’ordre s’infiltre incognito et s’amuse comme un fou à jouer les fouteurs de zone sans faire perdre de vue la technicité démente de ces compos’ excellentes. Les guitares ne sont pas en reste, tenant à bouts de riffs les réacteurs d’un vaisseau survolant ce champ de bataille médiéval fantastique où nos émotions se confrontent à des horizons perpétuellement agités. Tout ça prend aux tripes, et la voix impressionnante de Bzour n’est pas le moindre élément chargé de nous secouer envers et contre tous. Croyez moi, cette galette inclassable risque de faire date dans l’histoire du Métal, impossible de rester indifférent à un tableau réalisé en même temps par un peintre aventurier du Moyen-Âge et un artiste qui ne verra le jour que dans quelques siècles, les deux unifiant à jamais leur génie et leur bonne humeur…
Bravo les Space Cowboys !

Note : Le vidéo-clip fort sympathique de «Shun Loafer» apparaît sur la plage cd-r de l’album.

        Gasp