Tribe Of Circle - Rien ne disparaît jamais vraiment…

TRIBE OF CIRCLE
Rien ne disparaît jamais vraiment…
Athanor, 2000

 

 

Une belle introduction comme un écho du cœur à nos racines européennes, à notre histoire, avant que le ciel ne s’obscurcisse brutalement sous l’effet d’une éclipse industrielle… C’est à un voyage des plus sombres que nous convie Jean-Paul Antelmi, l’homme derrière ce projet sobre et martial (une interview très intéressante de l’artiste a été réalisée en 2001 par le webzine Heimdallr [http://www.heimdallr.ch]). Spirales du cauchemar où se projettent les ombres menaçantes des époques passées et à venir, l’Histoire s’écoute ici en boucles froides et pessimistes, ou simplement lucides devrais-je dire, peignant un horizon tourmenté. Des voix spectrales, comme prisonnières de la glace, (“ When Tears turn to Solidity ”) semblent vouloir nous dire quelque chose, des chœurs aussi, lointains et étouffés ; plusieurs éléments vocaux habitent l’œuvre, participant à ce climat magnétique conçu avec savoir-faire. Le troisième morceau, “ Colors of Europa ”, s’achemine lentement vers une “ nappe symphonique ” du plus bel effet, laquelle cédera sa place à l’inquiétant “ Evil is a point of view ”, celui-ci dénouant une discrète mélodie. “ Dirty Flowers in Thulé ”, plus lourd et oppressant avec ses percussions, presse notre gorge derrière des masses de fumées noirâtres et suffocantes ; les samples ne manquent pas puisque documents d’époque et bruits des bottes battant le pavé renforcent au bon moment la tension et l’austérité de ces archives en noir et blanc qui partagent l’écran avec les images actuelles et en couleur de “ Coranic submission ”… Jusqu’au ricanement de la Mort sur le titre éponyme fermant l’album.
Si le caractère répétitif de certains passages peut, au départ, ne pas faciliter l’accès à cette réalisation, on s’aperçoit rapidement que l’indus martial de “ Rien ne disparaît jamais vraiment… ” offre des moments qui ne se marchandent pas sur les étals du vite écouté – vite jeté. En d’autres termes, ce disque incontournable mérite toute votre attention.

       Gasp


     • Children of a weakened God

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