Tribe Of Circle - Children of a weakened God

TRIBE OF CIRCLE
Children of a weakened God
Hau Ruck !, 2006

 

 

Une cérémonie funèbre qui porte en terre le 21e siècle, voilà à quoi me font penser les compositions de «Children of a weakened God». Le troisième opus de Tribe Of Circle retient dans ses méandres les effluves mortelles qui un jour où l’autre nous arracherons l’existence. En attendant la chute, savourons pleinement les visions apocalyptiques que Jean-Paul Antelmi a su, à la manière d’un Gustave Doré, restituer avec force à travers les orchestrations chargées de tourments de sa musique. Obscure symphonie martiale qui nous tient à la gorge, boucles obsédantes d’où émergent dans les flamboiements du crépuscule les monuments dédiés aux victimes des désastres à venir, la procession avance sur une terre inhospitalière. De chœurs, de samples et de voix lointaines et étouffées, les mélodies se déploient en dramatique beauté. Des rythmes tribaux guerriers de «Si vis pacem para bellum» à des passages où semblent errer au-dessus de paysages dévastés les spectres des fanatismes en armes, cet album est une succession de moments saisissants, ainsi «Frères humains… frères ennemis», l’adaptation d’une chanson de Léo Ferré sur un texte de François Villon («La ballade des pendus») ou encore «Tabula rasa», morceau accueillant les vocaux de Simone Hellvis Salvatori (Spiritual Front). De ses pesanteurs où tournoient les échos des cataclysmes en puissance, cette réalisation nous attire irrémédiablement, un magnétisme que l’on ne peut éviter, une attraction nécessaire contre laquelle toute volonté de lutte serait déplacée !

       Gasp


     • INTERVIEW (2007)

     • Rien ne disparaît jamais vraiment...

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