The Cure - Three Imaginary Boys

THE CURE
Three Imaginary Boys
Fiction Records, 1979

 

 

Avec sa pochette "électroménagère" sur fond rose, ce premier album va marquer une année 1979 pourtant riche en événements, citons simplement pour faire (très) court l'album de Joy Division "Unknown Pleasure" et le maxi "Bela Lugosi's Dead" de Bauhaus. Sans avoir la véhémence et la noirceur d'un Ian Curtis ou le charisme et la dimension d'un Peter Murphy, on sentait déjà poindre chez le petit Robert le grand prêtre de la dramaturgie en trois volumes qui fera entrer The Cure dans la légende du rock.
Au-delà des influences punkoïdes d'un
"Grinding Halt" ou d'un "So What", ce premier album renferme déjà des compositions qui laissent entr'apercevoir ce que pourrait devenir le groupe originaire de Crawley, à l'exemple d'un "Another Day" ou de "Three Imaginary Boys". Certes l'instrumentation est encore primaire, les mélodies faciles, on pourrait parler ici de punk-pop, mais l'on pressent que bientôt se refermeront les portes de l'insouciance, pour projeter Robert Smith et sa troupe sur les chemins torturés de la cold wave. Malgré ses légères faiblesses, ce premier opus allait pourtant, paradoxe, proposer une collection de standards qui aujourd'hui encore restent terriblement efficaces, à l'image de "10:15 Saturday Night" ou des titres cités plus bas.
Signalons (je ne m'adresse évidemment pas aux Curistes purs et durs, ceux qui savent jusqu'à la couleur de la première paire de chaussettes portée par Robert) le pendant américain de
"Three Imaginary Boys", "Boys don't Cry", qui renferme quatre titres différents, et non des moindres puisque y figurent "Boy's dont Cry", "Jumping Someone Else's Train" et "Killing an Arab".

       Brown Jenkin