TAT - Quinta Essentia

TAT
Quinta Essentia
Autoproduction, 2006

 

"Quinta essentia" est ce qu’on appelle une très bonne surprise ; paru en juin 2006, cet album est la première pierre finement ouvragée de TAT, alias Antoine. Evoluant hors des sentiers battus, étrange et captivant, ce projet nous mène sous le ciel gris et pâle d’une dark folk ésotérique intimiste et plutôt minimaliste. Théâtre de l’alchimiste où l’athanor enfante une créativité musicale inspirée, les compositions laissent échapper des phrases sibyllines sur les traces délicates d’une guitare classique. La voix de TAT détache les mots en les tenant serrés jusqu’au dernier instant ; du fond de sa gorge peu encline à s’adresser au profane, un message abscons s’élève alors vers nous. Divers artistes ont participé à cette œuvre, chacun apportant sa voix ou son instrument, ainsi le chant d’Esclarmonde, de toute beauté, sachant se poser sur les mélodies envoûtantes de "Quinta essentia" ; celle de "Rian iridiagmar", entre autres, illustre bien ce chatoiement parcourant ces arpèges conçus dans le cristal des sonorités acoustiques. Des percussions discrètes et autres cloches résonnent çà et là ; le ton se veut parfois rituel, nostalgique ou mystérieux, toujours empreint d’une aura poétique semant dans son sillage un vague parfum d’encens. Riche et varié dans l’éclat sobre de son cheminement, cet opus réserve quelques surprises, ainsi la carnation plus industrielle de "Quinta essentia : Part III" ou les frôlements hispaniques d’une guitare partagée entre lumière et obscurité. Vous ressentirez bien des émotions à l’écoute de cette excellente réalisation qui a pourtant un défaut, celui de nous priver de sa compagnie beaucoup trop rapidement (34mn05 seulement). TAT possède un avenir talentueux dans l’écrin de ses visions occultes, ceci m’invitant à vous engager à soutenir ce projet et à acheter l’album (oui, j’ai bien dit acheter, pas télécharger !). Et si le renouveau de la folk sombre résidait dans l’Hexagone ?

      Gasp