Spiritual Front - Armageddon Gigolo'

SPIRITUAL FRONT
Armageddon Gigolo'
Trisol, 2006

 

 

Si "Satyriasis", le split avec Ordo Rosarius Equilibrio paru l'année d'avant, laissait deviner d'intéressantes progressions depuis "Nihilist Cocktails for Calypso Inferno" (2001), l'allure de ce gigolo nihiliste aura sans doute remué plus d'un visiteur d'une nuit tant il parvient si bien à nous parler avec le coeur et les tripes ! Eh oui, ce sont ces mélodies qui viennent taquiner notre solitude, bousculer peut-être quelques vieux souvenirs qui se reconnaissent furtivement sur ces orchestrations qui flashent nos émotions dès les premières notes de "Slave".
Folk rock lucide et désespéré qui accouche d'une aube grise dans ses draps tatoués d'amours hurlants et suicidaires, sans lendemain et pour toujours semblent nous gueuler guitares et violons (notons la présence de Matt Howden, bien reconnaissable çà et là, je pense par exemple au superbe "My Kingdom for a Horse"), à côté du ton grave d'un violoncelle ou d'un piano, l'ensemble s'équilibrant en chimie bienfaitrice et empoisonnée pour l'usage d'une drogue qui nous explose l'âme...
Le chant de Simone "Hellvis" Salvatori résonne dans ce vieux cabaret de la fin du monde, sa voix colle à ces corps d'une nuit, à ces parfums grisants, c'est le crooner du mort et du vivant, de l'espérance qui fait un clin d'oeil à la corde ou au rasoir en écrasant une larme de lumière violée par les néons crasseux d'un hôtel borgne...
Entre péché et impossible rédemption, cet album détient son lot de classiques, ainsi les refrains de "Bastard Angel", "I Walk the (Dead)Line" ou encore "Jesus Died in Las Vegas" hanteront longtemps vos esprits égarés entre les chorégraphies décadentes et pures d'une oeuvre qui sonne comme le requiem des anges déchus.

        Gasp