Sigma Octantis - Invocations

SIGMA OCTANTIS
Invocations

Divine Comedy, 2007

 

 

Des initiales mystérieuses du line-up (J.B., J.W., J.-M.W.) pour une musique qui ne l’est pas moins, huit compositions dont les titres pourraient être ceux d’un florilège poétique recueilli aux prémices d’une sensation vertigineuse. C’est un peu sur la rive d’un océan infini se confondant avec les milliards d’étoiles du firmament que naît le sentiment d’immersion dans les plis et replis d’un dark ambient s’éloignant avec bonheur des canons habituels. Des rythmes aux connotations parfois tribales, une intention mélodique certaine, une obscure ligne de fond oscillant sur les multiples éléments animant ces peintures sonores qui nous invitent à de sombres méditations. Pas facile de toucher par les mots les travaux de Sigma Octantis, il vaut mieux se fier à ce chemin où un voile brumeux laisse deviner des formes, on ne sait pas trop ce qui nous entoure et d’ailleurs quelle importance, « Invocations » va à l’essentiel et nous explique que la volonté d’habiller les émotions par des oripeaux de paroles ne fait souvent qu’alourdir notre pas. Formation aux influences diverses, Sigma Octantis a écrit ici de fort belles pages, son creuset modèle des atmosphères saisissantes, profondes, où des sons variés se détachent, à l’instar de cette trompette désincarnée qui traîne son spleen aigu et lointain (« Possibilités du dialogue »). On peut bien sûr parler ici d’ambient et d’indus, mais il serait stupide de vouloir accrocher absolument une étiquette. « Contre l’horizon », « Misère et convulsion », « Molles avalanches » et tous les autres, autant de moments qui porteront votre âme et vos sens vers des contrées inquiétantes et surprenantes.

       Gasp


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