Sigma Octantis - Dislocations

SIGMA OCTANTIS
Dislocations
Divine Comedy Records, 2009

 

 

De l'invocation à la dislocation, Sigma Octantis récupère de ces fragments une créativité qui, pour la seconde fois, s'exprime hors des sentiers battus. Autre et lointain, redessinant la carte du ciel à l'encre de l'imaginaire, cet opus abat toute définition de style pour mieux ramasser ses contours en d'insaisissables paysages. Dès les premiers instants de "Signe Ascendant", on toune réellement son regard vers l'ailleurs; composition des sommets où la sensation de vertige s'amarre aux étoiles, je me demandais si ce titre aurait pu accueillir une voix sans perdre sa force ? Je pense que oui, sa structure progressive et sa direction mélodique (sans compter la judicieuse présence d'une guitare électrique), en font ce moment qui, dès le départ, surprend, séduit et transporte. Evoquant parfois ce type d'ambiance spatiale cher à l'electronica, dévoilant ses nombreuses nuances que parcourent des énergies obscures, mystérieuses, le climat peut s'assombrir, ainsi "Désintégrité" et ses cordes saturées, sa pulsation entêtante et sa dominante "industrielle". Sachant manipuler l'éventail du clair-obscur avec savoir-faire, Sigma Octantis développe les formes abstraites de "Dislocations" avec un sens du mouvement possédant plus d'une formule capable de se décliner en des rythmes et textures sonores qui enrichissent constamment l'ensemble (voir par exemple la touche tribale surgissant dans "Egrégore et Coquecigrues"). Sombre mais libérant quelquefois des sources lumineuses qui se tiennent au-delà de toute considération négative ou positive, évoluant au sein d'une sphère de perception qui nous dépasse, maintenant la matière en un fébrile point d'existence, prégnant et instable, telles sont les éruptions qui maculent l'astre singulier nommé "Dislocations", montrant qu'il est toujours possible de repousser les frontières de la vaste nébuleuse «Dark Ambient».

       Gasp


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