Raison d'Etre - Metamorphyses

RAISON D’ÊTRE
Metamorphyses

Cold Meat Industry, 2006



Une lente descente au beau milieu de nulle part, un environnement ténébreux d’où se détachent des formes évasives et insaisissables, « Metamorphyses » fait partie de ces réalisations qui ne s’appréhendent pas facilement, loin s’en faut. Je ne sais exactement où Peter Andersson veut nous mener, mais les paysages abstraits de cet album risquent d’en décourager plus d’un. Grincements métalliques, quelques bribes vocales (comme sur le premier titre) vite étouffées par ces nappes mouvantes, corridors de l’impossible où gémissent les fondations du monde, on a parfois l’impression de se tenir tout proche des rouages cyclopéens de l’univers. Profondeur et intensité, accroissement de celle-ci sur le quatrième morceau quand le rythme s’installe grâce à tous ces éléments qui s’entrechoquent en union de plus en plus rapprochée au bord des gouffres sans fond… Doit-on percevoir une dimension mystique où sommes-nous au-delà de tout ? Raison d’Être touche-t-il ici une limite, une ultime frontière où la mélodie se distingue à peine sous l’épaisse brume glacée de l’avant-dernier segment ? Les six compositions (pour une durée de 55 minutes) décrivent un dark ambient qui n’offre pas le moindre repère ; s’il frôle par moments une contrée qui pourrait nous sembler familière, c’est pour mieux nous perdre et nous écraser sous le poids de ces blocs d’éternité se déplaçant à la surface d’un océan noir. Voici un opus à écouter dans l’obscurité avec un volume élevé, cependant il n’est pas nécessaire de se mettre en condition pour s’apercevoir que l’artiste suédois a encore signé une pièce certes un peu plus difficile mais réussie.

      Gasp