Pale Roses - The Rutted Road

PALE ROSES
The Rutted Road

Ahnstern, 2013

 


L'ornière nous enseigne la lutte pour mener à bien notre quête, quête se voulant sans fin, constamment renouvelée, s'abreuvant au halo de notre flamme intérieure.
Troisième opus de Pale Roses, "The Rutted Road" poursuit le chemin ombrageux entamé par "Fear Of Dawn" puis "Unveiled"; de loin en loin, depuis les forêts profondes de la vieille Angleterre s'élève la clameur sourde d'antiques symboles et d'esprits immémoriaux, entre l'histoire et la légende, Arnaud Spitz nous convie à découvrir ce livre de contes toujours écrit sur la portée d'une folk épurée.
Fidèle à sa règle de conduite musicale, comme ne voulant ne dégager que l'essentiel en capturant l'âme d'un lieu ou d'une personne (celle de Tamsin Blight y aurait-elle répondu par un charme ?), l'auteur nous promène sur ces terres de brume et d'arbres majestueux où du coin de l'oeil nous apercevons parfois d'étranges silhouettes...
Une source d'inspiration littéraire avec WH Hodgson ou Coleridge ("Ancient Mariner") mais aussi, plus proche de nous, Robert Holdstock ("From The Ancient Woodland"); le sinistre gibet de "Tyburn" ou encore les échos d'un autre monde que semble percevoir un «lunatique» enfermé dans sa cellule ("Bedlam" et son attachante mélodie, presque une berceuse pour les fantômes).
Mélancolie, mystère, lente sensation du moment d'éternité, la voix d'Arnaud, dont le timbre cristallise si bien les visions qu'elle suggère à travers une langue poétique, nous mène de l'autre côté du Temps.
"Infidel"
, orné de discrètes percussions, ouvre la bal sous de bons augures, faisant débuter le voyage dans un climat narratif mi-chanté mi-parlé; le titre éponyme dégage quant à lui un magnétisme crépusculaire, mais n'en est-il pas ainsi de la plupart de ces airs évoquant de séculaires ballades ?
Parfois des «entrefilets» d'effets sonores, des notes de piano comme s'élevant des grands fonds ("Ancient Mariner"), jusqu'à l'incantatoire "From The Ancient Woodland" (également cité plus haut) refermant l'album, morceau qui dans sa deuxième partie ("Calling C.) aborde des contrées ambiantes et rituelles sur lesquelles intervient le Baron Von S. de Barbarossa Umtrunk, ramification ésotérique chargée d'une aura inquiétante, la magie runique y jouant (si je ne me trompe) un rôle important.

Transition oblige, un split réunissant Pale Roses et Barbarossa Umtrunk intitulé "La Clairière Des Eaux Mortes" (en hommage à l'oeuvre de Raoul de Warren) suit de très près les belles pages de "The Rutted Road", une réalisation qui marquera donc la rencontre de deux talents autant indispensables que différents.

       Gasp