Nebel - The Things That Live In The Most Deepest Madness

NEBEL
The Things That Live In The Most Deepest Madness

Kadaath Records, 2012

 


Dans les rues désertes de Pripyat, ville abandonnée située sur le territoire d'exclusion qui ceint Tchernobyl, l'ennemi était invisible... (voir "Ghost of Pripyat"). Et comme un fantôme en appelle quantité d'autres, telle une aspiration contre laquelle on ne peut rien, cet opus extrait de ses forges des myriades d'ombres, mais ne devrais-je pas plutôt parler de démons, de ceux qui peuvent tambouriner doucement jusqu'à marteler très fort les coursives sans nombre de la psyché ?
An Psychological Distress Story
comme nous l'apprend le sous-titre, une descente aux enfers, un spectre d'émotions négatives où la peur, l'angoisse, la rage, la panique et l'abattement le plus profond décrivent des paysages torturés qui ne connaissent pas le moindre répit.
Pour ceux qui suivent les travaux de Lionel F., le géniteur du projet, ils reconnaîtront dès les premiers instants la dynamique du propos, laquelle se veut toujours très visuelle, nous accrochant à ce kaléidoscope d'effets sonores soumis à une ligne de force orchestrale où la traduction du «mouvement» est de mieux en mieux maîtrisée, des séquences à suspens découpées au rasoir à la sensation que l'on a d'être poursuivi. Nebel défriche notre imagination en faisant souffler les spectres de la folie, et c'est enfermé dans la prison de notre propre esprit que nous nous débattons, rampons, luttons et retombons après avoir croisé dans un miroir déformant l'illusion d'avoir été sauvé...
Ces compositions nous racontent différents états, et à l'instar d'un film, on voit ce personnage traversé divers stades et transformations du comportement; "Melancholia" en est un bel exemple, la tristesse d'abord puis une résurgence de la force (c'est comme ça que je l'interprète) en une transition exécutée toute en subtilité.
Cet album propage aussi une aura spirituelle, notamment par la présence sur certains titres de choeurs; du carcan de la souffrance vers l'acceptation puis le dépassement, la noirceur de l'oeuvre n'a pas oublié tout ce qu'elle pouvait apporter aussi en terme de «renaissance».
"The Things That Live in the Most Deepest Madness"
est une réalisation fouillée, explorant les ténèbres et le repli sur soi autant que prompte à nous pousser dans l'action, soundtrack riche et prenant qu'il ne vous reste plus qu'à mettre en images.

      Gasp