Marc Seberg - Le Chant des Terres

MARC SEBERG
Le Chant des Terres
Virgin, 1985

 

 

Rien ne laissait présager une telle évolution ! Sans se laisser aller à un débordement d’optimisme et de joie de vivre, Marc Seberg semble sortir de dépression. Le groupe abandonne les sentes tortueuses et sombres de leurs travaux précédents pour s’envoler vers des contrées plus apaisées. La présence lumineuse d’un synthé vient enrichir la palette de couleurs et d’émotions de cet opus ; le groupe note le renfort de Pascale Le Berre, transfuge d’une autre formation rennaise : Complot Bronswick. Moins oppressant que “ 83 ”, “ Le Chant des Terres ”, qui paraît en 1985, fusionne le rock lyrique et la new wave, (ou la cold wave, c’est comme vous voulez ! Je ne vais pas me battre pour si peu !), à l’image des Britanniques d’Echo And The Bunnymen ou de Simple Minds, pour ne citer qu’eux. Autre nouveauté d’importance, Philippe Pascal cesse de se cacher derrière l’anglais, exception faite de “ Don’t fail me ”, et le résultat est plus que brillant, notre compréhension est davantage immédiate et pointue, les textes nous pénètrent plus irrémédiablement. Le leader charismatique réussit même l’exploit où beaucoup ont lamentablement échoué, de chanter Baudelaire, “ Recueillement ”, sans être ridicule, bien au contraire. Quant à son chant, il suit l’évolution de la musique, apaisé mais toujours aussi poignant. “ Le Chant des Terres ” semble en tout cas nous dire que peu importe les voies que choisira le quintette, il touchera de toute façon à chaque fois la perfection.

Note : la sortie CD fut enrichie de la version maxi de “ L’éclaircie ” et de “ Une dernière fois ”, histoire de prouver que même les faces B renfermaient des chefs-d’œuvre…

       Brown Jenkin

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