Larynx And Claw - The Ear Watches, The Eye Listens

LARYNX AND CLAW
The Ear Watches, The Eye Listens
Autoproduction, 2014

 

 

Larynx And Claw (ex-The Umbilical Chords) est un concentré d'émotion qui libère d'étranges parfums; ça nous monte lentement dans le corps et la tête, le vertige s'installe à hauteur d'une rampe de cordes qui nous balance des chocs électriques, et la gueule du poète nous déchire les nerfs simplement, férocement, avec rage et amour, sans jamais lâcher prise !
Le poète fou, c'est Scott Batty, l'homme derrière les mots projetant rêves et démons sur une portée vocale dont l'aura nous encercle, charisme relayé par le jeu hypnotique d'Alexandre Garcia (alias Le Hibou, géniteur des projets stimulants que sont, entre autres, Mutation Urbaine et Chronique Nocturne) dont les guitares nous parlent d'instants allongés à l'infini, regards mutiques scrutant dans un miroir le ralenti de leur chute irréversible...
L'oreille observe à ce carrefour en appelant autant à la musique qu'à une certaine forme de théâtre, ça me fait penser à ces diables errants conteurs d'histoires, pourvoyeurs de magie et de visions et traînant dans leur sillage leur destinée maudite, adorés et craints par les foules.
Quant à l'oeil, il opère la relecture des sons en marge des paroles, annotations frénétiques dans l'antre informel d'un cold rock frôlant un certain psychédélisme et jetant volontiers quelques traces sur les routes d'une folk en trance, insaisissable, d'un autre monde.
Ce premier album, c'est l'air que l'on respire en hiver, âpre et délicieux, cinglant la poitrine, en spoken words de givre et de feu, en ivresse créative qui s'élève au-dessus de l'horizon, il faut savoir se laisser porter par ce minimalisme à la calligraphie à fois souple et tendue, et dont le visuel (réalisé par Scott Batty) évoque un Odilon Redon dévoré par la fièvre, bien dans l'esprit de cette poésie sombre et torturée à savourer jusqu'à la dernière note.

       Gasp


   Interview (avril 2015)