Laibach - Spectre

LAIBACH
Spectre
Mute Records, 2014

 

 

Après "Volk" en 2006, je n'ai pas chercher à en savoir plus sur les derniers méfaits de l'entité slovène. Bon , cela n'est pas bien grave me direz-vous, et c'est l'oreille fraîche et l'esprit détendu que j'ai eu le plaisir de grimper la monture robuste chroniquée ici, laquelle réserve son lot de futurs classiques ! L'écoute démarre avec ce que sait faire de mieux Laibach, à savoir un hymne qui prend aux tripes, "The Whistleblowers", dont les sifflements, les choeurs et l'orchestration se tournent vers l'horizon, le regard clair pour un préambule au ton héroïque et émouvant !
Mais les couleurs du spectre ne s'arrêtent pas là et prennent même un malin plaisir à se chevaucher, s'entrecroiser, bousculant les énergies rock/indus/electro pour une collection de compos' toutes plus attractives les unes que les autres.
La voix de Milan Fras, semblant toujours provenir d'obscures profondeurs, secondée par un chant féminin qui s'attaque autant à la chair qu'à l'esprit, reflet de cet opus racé et animal, sont en quelque sorte les "piliers" d'un ouvrage révélant un travail de composition sans faille. Entre atmosphères suspendues et plus ou moins tendues ("Eurovision" ou "Walk with me" à titre d'exemple) ou la "pêche" toute «rock'n roll» de "Eat Liver !", en passant par les froideurs plus electro d'"Americana" ou le charme robotique et martial de l'excellent "Resistance is Futile", le cocktail s'avale d'un trait pour mieux nous défragmenter les méninges et nous faire frissonner l'enveloppe !
Sur les quatre bonus tracks, deux sont des relectures, l'une s'attaque au célèbre "Love on the Beat" de Gainsbourg, l'autre à "See that my grave is kept clean" du bluesman Blind Lemon Jefferson.
56 minutes et pas le moindre faux pas, du talent et de l'expérience, une aventure sonore dont les radiations n'ont pas fini de faire vibrer notre spectre intime.

       Gasp