Kutna Hora - Will or Nothing

KUTNA HORA
Will or Nothing

Twilight Records, 2002

 


D’où viennent-ils ceux-là ? D’Allemagne ? D’Italie ? De France alors ? Eh bien non, pas même de la république tchèque, où se trouve la ville de Kutna Hora, à l’est de Prague. Ces talentueux musiciens sont Argentins et délivrent avec ce premier album des compositions fort belles qui n’ont rien à envier à l’école européenne. Une écriture plutôt originale puisque cette dernière évolue sur un registre néofolk / darkfolk, lequel flirte avec un feeling cold wave qui, ma foi, se détache d’une manière très convaincante. La voix de Fernando Dieguez y est pour beaucoup et peut même surprendre au départ, cependant, on se laisse très vite séduire par le lyrisme et la vie qui animent des chansons où une discrète nostalgie s’immisce. Pour moi, cette réalisation est un parcours sans faute, un voyage où les émotions répondent à l’écho de ces mélodies que l’on reçoit en plein cœur ; le jeu de la guitare acoustique est rejoint par des percussions qui, sans se distinguer par la lourdeur du pas, sont néanmoins bien présentes, l’alchimie se complétant sous le double sillon (dosé avec pertinence) d’un violon et d’une flûte. Si un clavier, de façon plus rare, annonce une atmosphère sombre et pesante («Kutna Hora», qui ouvre le bal, ou l’envoûtant «Oratorium», dont le texte est l’adaptation d’un poème de Nietzsche), l’ensemble ravira assurément l’amateur de néofolk, genre doté ici d’une touche cold parfaitement intégrée («Hell is a place on Earth» me fait un peu penser à The Cure). Que du bon, voire du très bon, mais quand on possède un tel sens mélodique qui vous scotche l’âme et les tripes, il n’y a là rien d’étonnant… A écouter d’urgence !

      Gasp