Kreuzweg Ost - Iron Avantgarde

KREUZWEG OST
Iron Avantgarde
Draenor Records, 2000

 

 

Attention œuvre à part. Quand Martin Schirenc (Hollenthon, Pugent Stench) et Silenius (Summoning) réunissent leur talent, nous nous retrouvons au beau milieu d’un univers fascinant, inquiétant et pour le moins original. Du dark indus martial déjanté, cela pourrait convenir à ce que propose un opus surgit des fracas de la Seconde Guerre mondiale. Des bataillons de samples environnent l’auditeur, l’égarent dans un labyrinthe de voix autoritaires, de chants patriotiques et de craquements « vinyliques » sortis pour l’occasion. Propagande, défilés, bombardements… D’aucuns ne manqueront pas d’accuser les musiciens d’éprouver une nostalgie déplacée ; si vous vous donnez la peine d’aller sur le site de ce projet, vous verrez qu’il n’en est rien. Les morceaux ne sont pas que samples, même si ils sont nombreux, et les rythmiques indus bâtissent les étranges paysages hybrides d’un conflit que chacun projettera dans sa tête en écoutant ce CD. Des atmosphères pesantes, étouffantes, brusquement cassées par un air populaire de l’époque, lequel s’efface pour nous replonger dans la tourmente. L’humour n’est pas absent, ainsi « Oh no lo so, Magnifico » où un certain Salvatore vous invite à une danse complètement décalée ; l’on se prend à sourire, on a même parfois envie de rire, mais les ténèbres ne sont jamais loin. Musée sonore surréaliste de la dernière guerre, on peut considérer l’objet de cette façon. Pourquoi pas ? de « Eduard Rüttelmeier » à « Du, gefangene ! » en passant par « Caki Voli », tout n’est que rebondissements, bousculades, déchirements bruitistes, voyage hallucinatoire…
A vous maintenant de visiter le no man’s land d’ « Iron Avantgarde », en sachant que vous y laisserez avec bonheur quelques grappes de neurones.

       Gasp


               Edelrost