Kreuzweg Ost - Edelrost

KREUZWEG OST
Edelrost
Cold Spring, 2005

 

 

C’est à peine remis de l’excellent «Iron Avantgarde» qu’il faut se replonger dans la tourmente avec «Edelrost», le deuxième album de Kreuzweg Ost. Michael Gregor (le Silenius de Summoning) a poursuivi la route encombrée d’obus de ce stimulant projet sans Martin Schirenc (Hollenthon), ce qui n’a pas éraflé la patine propre à la formation, bien que pour cette seconde salve, l’ensemble sonne moins fou et décalé que sur l’œuvre précédente. Place maintenant à la verve orchestrale et martiale (représentée avec brio sur «Für Kaiser, Gott und Vaterland»), aux atmosphères singulières et pesantes et aux nombreux samples, notamment vocaux, qui parcourent les compositions. Une symphonie industrielle jouée sur un monde en guerre, là où un agencement destructeur de sons enveloppe l’air ambiant d’épaisses bouffées saturées par l’écho d’une menace constante. Chaque titre apporte une pierre à un édifice élevé sur un monceau de ruines encore vibrantes des grondements indus présents çà et là, ceux-ci menant une opération d’écrasement massif de l’ennemi sur fond de rythmes martiaux. Des ambiances prenantes et apocalyptiques qui pendant presque une heure ne nous lâchent pas un seul moment, qui voudrait d’ailleurs d’un pâle répit quand de sombres cavaliers nous invitent à grimper sur leurs montures de feu et de ténèbres pour visiter les reliefs squelettiques de l’humanité ? «Die Legion», «Rasputin», «Leu der Lüfte»… Il faudrait citer tous les flamboiements dantesques de ce très bon «Edelrost», un objet incontournable qui soulève chez moi un vent d’impatience relatif à un troisième opus, en espérant qu’il soit aussi réussi que les deux autres !

       Gasp