Karnnos - Deatharch Crann

KARNNOS
Deatharch Crann
Cynfeirdd, 2000

 

 

Faisant suite à «Burial in Flames» paru chez Reaping Horde en 1999, ce deuxième album marque l’arrivée de Karnnos sur le précieux label français Cynfeirdd. La formation portugaise contribue à l’élévation de ce panthéon consacré au paganisme européen à travers son art, lequel semble recueillir les discrets propos des montagnes, des forêts, du cycle des saisons, des lointaines croyances et rites immémoriaux. Les dix compositions évoluent sur les saveurs crépusculaires d’une folk apocalyptique ramenant ses contours au sein d’une texture ambiante où apparaissent bien des signes mystérieux. Nos sens découvrent «Deatharch Crann» comme si nous pénétrions dans un sanctuaire ; les sombres émanations de «The Awaken Stones of Smoke» parlent doucement au profane avant les premiers accords d’une guitare acoustique et les paroles nostalgiques d’une flûte («As life is carved on Wood and Blood…»). La trame minimaliste qui se déploie demande peut-être quelque effort avant de se laisser pleinement savourée ; la voix de J. Aernus n’est jamais faible mais plutôt en retrait, elle sait faire montre de noble force quand il le faut, nous la suivons tel un flambeau atténuant çà et là l’ampleur de ses flammes. Chaque morceau détient son poids d’émotions, nous pouvons ainsi passer de la brumeuse ballade de «A Tree of union under the divided, lost Spirits» au climat plus pesant de «Away, on a Wind like running Horses», lequel nous abandonne au titre éponyme se voulant inquiétant et hypnotique. Quant à «Loki, Wizard of Lies», c’est davantage sous les traits ombrageux d’un rituel qu’il se décline. Cordes, flûtes, mandoline, percussions (touche martiale de «Land of Stags»), cornemuse… La panoplie instrumentale variée colore de teintes automnales cette réalisation obéissant à un ton dépouillé, entre dark folk et parties plus atmosphériques. J’invite les amateurs à se pencher sur cette œuvre habitée, moment étrange et mystique qui mérite tout votre intérêt.

      Gasp