Interview Svart Crown (année 2008)

Originaire du Sud furieux, la horde Svart Crown attise les flammes brûlantes de l'extrême avec un premier album carré et percutant, j'ai nommé " Ages of Decay ". Débarquant dans l'arène avec un atout majeur, le groupe niçois aligne sans faiblesse un death / black metal des plus efficaces, laissons maintenant JB (vocals & lead guitar) nous présenter la bestiole...


Salutations ! Que raconte le ventre de la bête qui enfanta Svart Crown ? Quelle est l’histoire du groupe ?
Hey salut ! Alors tout a commencé fin 2004 où j’ai formé Svart Crown avec un premier line- up. Nous avons enregistré une première démo : « Bloody Crown » et fait quelques concerts en France. Début 2007 nous avons recruté 3 nouveaux membres : Ludo (basse), Jm (guitare) et kenny (batterie).

Ensemble nous avons enregistré notre premier album : « Ages Of Decay », sorti il y a peu de temps chez Rupture Music et avons fait une tournée française mi-février au côté de Artefact.

Cet été nous avons recruté un nouveau batteur : Gael Barthelemy (Balrog ,Drowning, ex- Diabolic) et un nouveau guitariste : Clément Flandrois (Hyrgal)

Votre style s’articule sur les élans meurtriers du death et du black metal ; cette dualité s’est-elle imposée d’emblée ou bien au départ, voix et guitares ont dû chercher la bonne direction ?
Dès le départ le but était de proposer une musique qui ne se limite pas à du death métal, ni à du black métal ni à du thrash. Nous avons essayé de mixer toutes nos influences pour créer quelque chose qui nous ressemble.

« Ages of Decay » débute par un morceau intitulé « Open the graves of time » : est-ce la ligne conductrice de l’album de nous bousculer dans les flammes et les tourments des siècles passés ?
Tout à fait ! Les cicatrices et les blessures des temps anciens sont une source d’inspiration très forte. Tous les titres de « Ages Of Decay » s’articulent sur cette même ligne directrice qui évoque des siècles entiers de terreur et de folie... qui ont conduit à la société telle que nous la connaissons.

Nous cherchions un titre en harmonie avec ce premier morceau d’introduction.

Dès les premières notes un chapitre s’ouvre et les spectres enfouis des siècles auparavant ressurgissent et ouvrent les tombes du temps.

Où puisez-vous l’énergie que vous injectez dans votre musique ? Une couronne misanthropique pour contrer l’encerclement d’un environnement que l’on voudrait parfois anéantir, est-ce l’un des moteurs de Svart Crown ?
On s’inspire de tout et n’importe quoi. Ca peut aller de la musique, des films, des photos …

Généralement les choses qui m’inspirent sont malsaines, dérangeantes et déviantes.
On n'est pas dans un trip misanthropique, bien sûr les désagréments de la vie de tous les jours peuvent être évacués en jouant cette musique, mais ça s’arrête là.

Il est question sur un titre de l’empereur romain Caligula, que représente pour Svart Crown ce personnage pour le moins sulfureux ?
Caligula est un personnage assez fascinant. Il dégage à la fois une impression de pouvoir absolu, mêlé a une énorme fragilité. Cette dualité est très intéressante. A mon sens elle est poussée à l’extrême et c’est ce qui explique toutes ses déviances. Certes dans la Rome antique, les déviances actuelles n’étaient pas considérées comme tel. Mais il va encore plus loin dans sa folie.

Pour « Orgy and sodomy », on perçoit un véritable vent de folie, un déchaînement qui s’abat des enceintes ; la luxure est-elle ici l’épine brûlante plantée dans le pied d’une morale parfois hypocrite ?
« Orgy and Sodomy » est le morceau le plus brutal de l’album tant au niveau musical qu’au niveau des paroles.

Ce titre est une ode au blasphème et à la luxure. En deux mots le texte évoque une immense orgie dans un couvent possédé par le malin. Le fait de mettre en scène des femmes de religion censées représenter la vertu et la chasteté m’a beaucoup amusé ! Je me suis imaginé ces femmes encore vierges, prendre énormément de plaisir et en une nuit se dépraver.

Tu peux aussi voir en ça une certaine dénonciation du dogme ... comment interdire à des humains d’être eux-mêmes et de ne pas consommer l’un des rares plaisirs ultimes de la vie ?

Comment le travail des titres se passe-t-il ? Chaque membre du groupe participe-t-il à leur élaboration ?
Pour Ages Of Decay et jusqu'à présent j’ai apporté 80% du contenu musical tant au niveau des riffs que des structures. Ensuite si le morceau ne fait pas l’unanimité nous modifions certaines parties pour le rendre plus percutant. La majorité des titres de Ages Of Decay a été jouée en live avant d’être enregistrée, on a donc pu constater ce qui ne fonctionnait pas sur certains titres.

Nous avons ensuite pris deux semaines avant d’enregistrer pour tout peaufiner. Nous avons fini de composer certains morceaux comme Deadly March quelques jours avant de l’enregistrer.

Au niveau des paroles c’est Jm , notre ancien guitariste , qui en a écrit la plupart. Je lui ai indiqué la ligne directrice ainsi que les thèmes propres à chaque titre et il a pondu 4, 5 textes en a peine quelques jours !

Quelles sont les influences que l’on peut retrouver dans votre musique ? Quels sont vos groupes de « référence », ceux qui vous accompagneront toujours ?
Indéniablement on ne peut nier la grosse patte de Behemoth , Belphegor et des groupes dans la lignée death/black. Nous avons la même approche musicale qu’eux, sans pour autant être une simple copie.

Personnellement je suis un gros fan de Immolation, ce groupe est pour moi l’un des groupes les plus malsains et infernaux qui existent. L’album " Close To A World Below " est un pur chef-d’œuvre !
Nous sommes tous aussi de grands fans de Slayer, ça peut se ressentir sur les quelques riffs un peu thrash de l’album !

La pochette de « Ages of decay » est particulièrement expressive (elle me fait un peu penser aux dernières covers de Dark Funeral), est-ce que tu peux nous en parler ?
Oui effectivement, pour Ages Of Decay, nous voulions quelque chose d’accrocheur, qui tape vraiment à l’œil. C’est Alexxx de Otargos qui l’a réalisée. Elle représente une créature démoniaque enchaînée. De manière symbolique , elle représente toute la rage et la déchéance qu’exprime notre album.

Vous êtes signés sur le label Rupture Music (Artefact, Otargos…), avez-vous eu à démarcher longtemps avant de frapper à la bonne porte ?
Non pas vraiment. Ca faisait longtemps qu’on était en contact avec Rupture Music. Dès que nous avons reçu le produit fini, nous leur avons envoyé et ils nous ont signés !

Nous n’avons pas démarché d’autres labels, nous savions que Rupture Music est un label très sérieux et motivé qui pouvait nous aider.
Nous voulions aussi que l’album sorte assez vite pour le vendre sur notre tournée avec Artefact.

Vous avez déjà pas mal de dates à votre actif, quels doivent être les points forts d’un live de Svart Crown ? Quelle atmosphère cherchez-vous à installer sur scène ?
Oui en effet on a pas mal tourné ces dernières années pour un petit groupe comme nous. On a réussi à acquérir une certaine expérience. Le live pour nous est quelque chose de très important. On essaie à chaque concert de donner le maximum.

Donc un concert de Svart Crown est quoi qu’il arrive énergique ! Au niveau de l’ambiance, ça dépend des concerts, mais en général l’atmosphère est bien suffocante et infernale .
Tu n’as qu’à venir nous voir pour en juger !

Outre Artefact que l’on ne présente plus, Nice a-t-elle une scène métal qui se porte bien ?
Oui Nice commence à avoir une scène métal bien étoffée. Si tu regardes les magazines actuels, à chaque numéro, un groupe niçois y est chroniqué !

Dans le heavy metal nous avons Kragens, dans l’extrême nous avons Sideblast, X Trunk, Addicted , dans le hxc nous avons In Other Climes, Sikh. La scène niçoise est assez polyvalente !

De quoi seront faits les mois à venir pour Svart Crown ? J’imagine que des concerts sont prévus…
Oui pas mal de concerts sont prévus !

Une tournée de 11 dates en Europe est bookée avec Otargos suivie de nombreuses dates en France, Suisse , Belgique ..

Nous allons commencer à élaborer quelques nouveaux morceaux .. bref on va pas chômer !

Les Sentinelles remercient Svart Crown pour cette interview et lui laissent le mot de la fin…
Merci à toi surtout de nous accorder un peu de ton temps !

J’espère te croiser sur un de nos concerts !

  Jb

 


                                                 Gasp (septembre 2008)