Interview Materia Aurora (année 2010)

Les gourmets sonores et autres curieux infatigables seront d'accord sur ce point : la scène underground hexagonale est en excellente forme, et pour ne parler que des "territoires" acquis au genre ambient/expérimental, nos oreilles ont de bonnes raisons de se réjouir !
Materia Aurora fait partie de ces formations autant discrètes qu'incontournables et l'album "Post Night Sequences" une empreinte de choix dans cette terre de créativité qui n'a pas fini de nous surprendre.
Merci à Thibault. L et Marc. H, les deux acteurs de ce projet, d' avoir bien voulu nous le présenter à travers ces quelques questions...

Quand et comment l'histoire de Materia Aurora a-t-elle commencé ? Quelles sont les origines de ce projet ?
Thibault est à l'origine du projet. Il est né courant 2006 des cendres de "Songs for Vacuum", projet dark ambient minimaliste qui devait sortir à l'époque sur Archetyp.
Après la composition des deux demos/albums que sont Cocoon et WinterGlow, Marc a rejoint le groupe pour y élargir les horizons et essayer  de s'affranchir musicalement un maximum.

Votre discographie débute par les EP "Cocoon" et "Outside", d'un univers clos et protecteur au monde extérieur, ces deux premières étapes détiennent-elles une symbolique forte pour Materia Aurora ?
"Outside"
marque la première étape de création en duo, sans parler de "symbolique" ce premier essai nous a permis de confirmer notre envie de travailler ensemble.

Est-ce que l'on peut comparer "WinterGlow", votre premier album, à plusieurs représentations d'un même paysage peint à divers moments de la journée ? Un hymne dédié à l'hiver, mais avant tout un travail sur la lumière et ses nuances à travers les sons ?
Winterglow a été entièrement composé par Thibault, Marc ne faisait pas encore parti du projet à cette époque...
Les compos de cet album sont surtout une envie de représenter l'hiver, en visant quelque chose de doux et d'apaisant, bien loin des clichés de désolation/isolation ou 'Dark' de la scène ambient actuelle.

Avec "Post Night Sequences", j'ai eu le sentiment de marcher sur un fil, toujours au bord d'une limite où le film expérimental du réel se tourne aux frontières du rêve...
Une architecture froide, des lignes de fuite qui semblent partir à l'assaut du ciel... Sous quel(s) angle(s) "Post Night Sequences" s'approprie-t-il la ville, ou plutôt cette "trame urbaine" qui constitue ici son négatif ?
Tu as bien capté l’essence des compositions...

Avec cet album, il était surtout question d'essayer de retranscrire au mieux cette notion "d'aube urbaine" à différentes étapes de sa procession. Le bleu pâle emplissant peu à peu le ciel, le bruit s'élevant dans l'air, les dernières lueurs des réverbères, et surtout cet engourdissement, cette difficulté à émerger du cocon nocturne.

L'eau est présente sur certains titres de l'album, est-ce d'une manière générale un élément important dans votre imaginaire ?
Non pas spécialement. Elle a juste une propriété de diffusion des sons que nous trouvons assez intéressante...

Quelles émotions nourrissent les paysages de votre musique ? A quel besoin répond l'art subtil de Materia Aurora ?
Pas vraiment d'émotions bien précises, surtout des idées, des images spontané que l'on essaye de mettre en musique.
Notre manière de composer et de travailler est plus qu'aléatoire, c'est vraiment au feeling, la plupart des morceaux que nous avons composé ensembles ont pris naissance dans l'urgence de l'instant présent...

Ambient, drone, éléments acoustiques et sonorités plus industrielles... Avez-vous l'intention d'étoffer encore votre style à l'avenir, d'élargir votre palette sonore ?
Les styles et les influences sont différents sur chaque album, cela vient probablement du fait que nous travaillons toujours de prime abord "un thème" avant de composer quoi que ce soit, le style musical sera choisi en fonction de ce que le thème nous inspire, le processus de création vient par la suite... nous n'avons de toute façon pas vraiment de barrières...

Parmi vos sources d'inspiration, vous citez tout particulièrement Biosphère, que représente à vos yeux l'entité musicale de Geir Jenssen ?
Biosphère est une influence surtout pour Thibault, puisque il y a quelques années c'est ce projet qui lui donna envie de faire de la musique...

Quels sont vos liens, que l'on imagine très forts, avec le netlabel Blauer Abend, sur lequel sont parus "Cocoon", "Outside" et "WinterGlow" ?
Thibault est l’un des fondateurs de Blauer Abend, avec Stephane F. (Fin de Siècle), et Goran Becker notamment...
Materia Aurora est totalement lié à l’existence du label, puisque B.A n’aurait pas débuté cette activité, sans la possibilité de produire Materia Aurora.

Concernant "Post Night Sequences", comment s'est établi le contact avec OPN Records et BKO Media ?
Par le biais de Stephane F, qui est un ami de longue date, et  qui nous a fait prendre contact avec Fx d'Opn Records.
Bko Media, que nous saluons au passage, est venu se greffer par la suite, lorsque l'idée d'une coproduction fut évoquée.

A côté de Materia Aurora, êtes-vous impliqués dans d'autres projets musicaux et/ou associés à un autre mode d'expression comme par exemple la photographie ou le cinéma ?
Effectivement, notamment Truth Behind The Curtain et Field Serenade qui sont les projets de Marc (Shoegaze, Drone, Free Folk)...
Thibault, à part quelques apparitions live aux cotés de Goran Becker, et d'un peu de collaboration avec Härjna (tous deux sur Blauer Abend), ne se consacre plus qu'a M/A... 

Que disent les mois à venir pour Materia Aurora ? Quels sont vos projets en cours ?
On planche actuellement sur un set live, en duo avec Guillaume d'Isothesis... pour le reste, la composition au sein de M/A est en stand-by pour l'instant.

Merci à vous d'avoir bien voulu participer à cette interview, je vous laisse le soin d'y apporter la note finale...
Merci a toi de nous accorder du temps, et de l'intérêt que tu portes au projet.

 

           Gasp, année 2010