Interview Life’s Decay (année 2006)

Fondé en 2003 par Lyktwasst (rejoint par Alea deux ans plus tard), Life’s Decay a depuis fait du chemin puisque un mini et trois excellents albums viennent tour à tour agacer, aguicher et enivrer l’auditeur. Piochant dans différents styles musicaux, le dark electro-indus atmosphérique et expérimental de ce projet nous emmène toujours plus loin dans un monde à part, où la décadence à laisser place à une certaine élégance…


Présente-nous Life’s Decay (et le pourquoi de ce nom d’ailleurs) ? Qui se cache derrière ? Et, puisque nous sommes à l’ère des étiquettes, laquelle apposerais-tu à côté de ton projet ?
Lyktwasst.: Life’s Decay est né début 2003. Quand j’ai créé ce projet solo, je n’avais pas pour but d’en faire un projet populaire et accessible, le nom "Life’s Decay" a été conçu dans l’esprit de mes premières compositions à la fois très sombres et agressives. Il comporte un mot à la consonance plutôt douce : "Life". L’autre terme est plus agressif dans sa sonorité et dans sa signification. C’est une sorte de contraste qui représentait très bien la vision sombre de la décadence et du temps des premières compositions. Lié à cela je créai mon univers graphique qui a très vite basculé dans le noir et blanc et le monochrome. Tout comme la musique, les premiers visuels étaient assez agressifs, très sombres, sales et parfois provocants. Aujourd’hui la musique, tout comme l’univers visuel, dégage une sensation d’élégance, assez rétro tout en étant relativement martial avec un côté industriel des années 1930.
En ce qui concerne le line-up, je fais moi même tous les instruments et tout ce qui touche au son et je fais également tous les visuels à savoir les artworks, photographies, dessins ainsi que les sites Internet, animations, vidéos, etc. En 2004, j’ai créé mon propre label, Abstraktsens Produktions, pour pouvoir sortir mes CD de façon totalement professionnelle tout en étant entièrement indépendant dans le but de diriger la production, la promotion et la distribution seul. C’est en 2005 qu’Alea a rejoint le projet pour ajouter du chant féminin à la musique. Je ne fais dorénavant quasiment plus de chant, laissant ce rôle à Alea.
Pour les étiquettes, c’est assez compliqué étant donné que mes compositions sont très différentes les unes des autres et que les albums n’ont rien à voir entre eux. Le premier album était principalement influencé par du black/doom métal et par du dark-ambient noise. L’album était agressif dans son ensemble avec beaucoup de guitares saturées et de chant death. Le troisième album est quant à lui principalement influencé par du néo-classique et par du martial industriel. Ici, plus de guitares mais des instruments classiques et la voix death à été remplacée par une voix féminine mélodique. L’ensemble reste tout de même sombre avec un côté industriel et parfois martial. L’étiquette que j’ai donné au projet au début était le "dark expérimental" ce qui est assez vague mais qui représente en gros l’ensemble.

Peux-tu nous parler de ton travail de composition ? De plus, es-tu influencé par certains courants artistiques et/ou par ton environnement dans l’élaboration de ta musique ?
Lyktwasst.: Dans la musique, comme dans les visuels, rien de particulier ne m’influence, je n’ai aucun artiste à citer et je ne suis fan d’aucun groupe. Je m’inspire de beaucoup de choses assez diverses que je peux voir et entendre chez moi tout comme dans la rue. Je peux m’inspirer d’artistes reconnus et populaires tout comme par de petits groupes totalement underground et inconnus trouvés sur Internet. Je compose très souvent après avoir eu une idée précise en tête de ce que je veux réaliser.

Life’s Decay a à son actif un maxi et trois albums; qu’est-ce qui a provoqué la fin du chaos de "Art decay extremism" dans "Anleva" qui semble moins perturbé ?
Lyktwasst.: Quand j’ai composé "Art decay extremism" d’une part, j’écoutais principalement du métal extrême et du noise et pour le commencement, je voulais faire un album fort et agressif pour marquer un début. Pour "Anleva", je n’écoutais plus de métal. Ce second album est davantage influencé industriel, darkwave, dark ambient, batcave, neo-classique, militariste, etc. Puis, c’est sur cet album qu’Alea a rejoint le projet pour y ajouter une voix féminine. Je voulais un album déjà plus accessible, moins provoquant et plus atmosphérique: totalement différent. C’est aussi bien sur une question d’humeur et d’évolution personnelle.

De là, peux-tu nous expliquer l’évolution qui t’a amené à "Lysselia", ton excellente dernière réalisation ?
Lyktwasst.: Les principales influences de ce troisième album sont le néo-classique et le dark martial-industriel, il suit l’évolution du second album tout en étant plus mature. Il est d’autant plus accessible, peut être plus poétique aussi. En fait, ce troisième album a pour but de donner un travail fini le plus agréable possible pour l’oreille et pour l’œil avec moins de connotation que certains précédents travaux.

Tout au long de ces trois-quatre ans d’existence, on remarque donc un changement aussi bien dans ta musique que dans l’imagerie qui habille Life’s Decay. Au début, c’était comme si tout paraissait plutôt froid, arrogant et industriel pour devenir par la suite, légèrement plus subtil (les deux femmes stylisées noir et blanc que l’on retrouve sur les pochettes d’"Anleva" et de "Lysselia" me font d’ailleurs penser au cabaret). Que veux-tu faire passer derrière ceci ?
Lyktwasst.: L’univers visuel est directement lié à la musique. L’univers visuel de "Lysselia" se veut élégant avec une idée de "luxe", un côté rétro des années 1930, en ayant tout de même un côté encore industriel, droit et martial. Le tout reste sombre avec un noir et blanc monochrome et structuré. Les femmes des pochettes transmettent une idée de beauté et d’élégance, un côté doux par rapport à la pochette du premier album. Ce sont avant tout des illustrations pour le plaisir visuel accompagnant de près la musique.

"Lysselia" est donc sorti il y a environ un mois, qu’as-tu envie de dire pour sa promotion (à part qu’il est excellent, ça je l’ai déjà dit) ?
Lyktwasst.: Je pense que le meilleur moyen est déjà de s’informer sur l’album, pour cela, le mieux est d’aller sur http://www.lifesdecay.com et d’écouter la webradio, éventuellement télécharger une vidéo disponible, etc.
Sinon voici la description officielle de l’album:
"Lysselia" est le troisième album de Life’s Decay. Il contient 12 pistes et plus de 62:30 minutes de musique. La qualité de production et de réalisation reste de haute qualité comme les précédents albums du projet. Cet album est une fois de plus assez différent des autres albums. Ce CD contient principalement des influences neo-classical / dark martial industrial ainsi que d’autres influences plus underground ou plus populaires qui font de Life’s Decay un projet à part. L’ambiance nous plonge souvent dans un univers rétro des années 1930 / 1940 avec un côté martial et industriel sombre caractérisé par des percussions rythmées et parfois expérimentales. La musique se compose très principalement d’instruments à corde (violons, violoncelle, contre-basse, etc.) ainsi que d’autres instruments classiques et également expérimentaux. Le tout est accompagné par une douce voix féminine et mélodique. Le projet continue sa démarche expérimentale en produisant désormais une musique totalement accessible à un large public tout en s’inspirant de l’underground.
A noter que l’album est disponible à son meilleur prix sur
http://www.abstraktsens.com

Es-tu content aujourd’hui de la voie que tu as prise ? Aurais-tu voulu faire certaines choses autrement ?
Lyktwasst.: Je suis aujourd’hui très heureux de ce qui a été fait concernant le projet et je ne regrette rien dans mes choix et dans mes productions. J’espère que tout cela continuera dans cette voie.

As-tu une préférence particulière pour l’une de tes réalisations ? Si oui, peux-tu l’expliquer ?
Lyktwasst.: Je n’ai, en fait, pas de préférence particulière pour une des réalisations. Comme le tout est relativement différent, il y en a pour toutes les humeurs; donc parfois je suis heureux d’écouter certains anciens travaux ainsi que d’autres travaux bien plus récents par la suite.

Quelles retombées as-tu du public et des médias ? Cela te satisfait-il ?
Lyktwasst.: En ce moment, le tout marche bien, les retombées sont positives, je suis donc satisfait mais mon but est d’aller toujours plus loin dans mon travail et de ne pas rester sur quelques acquis.

Tu as créé ton propre label, Abstraktsens Productions, peux-tu nous le décrire ? Quelles en sont les finalités ?
Lyktwasst.: J’ai créé ce label en 2004 pour pouvoir sortir le premier album de façon professionnelle et totalement indépendante. Depuis, les autres albums sont sortis également sur ce label. Cela me permet de tout gérer, à savoir la production, la promotion et la distribution et donc d’avoir un résultat satisfaisant. Abstraktsens Produktions est également, dorénavant, un site de vente en ligne professionnel vendant plusieurs centaines d’articles différents, principalement des CD audio entièrement neufs de différents styles de musique et cela à un prix très bas. Ces ventes me permettent de financer en partie la production et la promotion.

Bon, je crois que c’est tout pour l’instant. Si tu as quelque chose à rajouter…
Lyktwasst.: Bien, merci beaucoup pour cette interview. Pour plus d’informations, j’invite les intéressés, une fois de plus, à visiter les sites officiels que je mets très régulièrement à jour :
Life’s Decay :
http://www.lifesdecay.com
Abstraktsens Productions :
http://www.abstraktsens.com


                         Nobody (juillet 2006)

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