Interview Joy Disaster (année 2007)

Sur la page Myspace de Joy Disaster on note les influences suivantes : The Cure, Bauhaus, Joy Division mais aussi The Clash, The Ramones, David Bowie mais encore le rock'n'roll 50's, 60's, 70's, c'est peut-être cette diversité dans les sources d'inspiration qui fait le charme et la force de cette formation nancéenne. La sortie de leur second album est l'occasion de découvrir à travers cette interview une formation qui on l'espère n'a pas fini de nous offrir des galettes de ce calibre, histoire de prouver à un monde incrédule que le rock'n'roll n'est pas mort !


Commençons par les questions bateaux d'usages afin de faire connaissance : à quand remonte et qu'est ce qui a motivé la création de Joy Disaster ?

Nico: Joy Disaster a vu le jour en Février 2005 concernant la formation complète avec notre premier batteur (Malik). Cependant, Franz (basse) et moi-même (chant et guitare) avions déjà préparé les premières démos sur fond de boîte à rythmes quelques mois auparavant.
La raison première fut que je venais de quitter une formation à tendance new-wave avec chant en anglais qui ne me plaisait plus et je voulais me lancer dans quelque chose de plus intense musicalement.
Franz était une vieille connaissance et je lui ai demandé s'il voulait remettre ça et il a tout de suite accepté à condition que nous fassions quelque chose de concrètement rock'n roll.

Qui sont les membres qui composent le groupe, je crois que le line-up a subi récemment un changement ?
Les membres composant le groupe sont Franz (basse), David (batterie) qui remplace Malik suite à son départ début août et Nico (chant et guitare).

J'ai souvent vu rattacher au nom de Joy Disaster le terme de post-punk, à l'écoute de votre album je le trouve un peu réducteur dans le sens où votre musique va bien au-delà ; comment vous, vous vous qualifieriez en terme de genre ?
C'est une question qui nous amuse beaucoup car c'est nous-mêmes qui avons lancé le terme de post-punk lorsque nous avons élaboré notre premier press-book et depuis la terminologie est restée.
Aujourd'hui, certaines personnes se masturbent sur certains forums pour savoir si nous sommes post-punk, rock alternatif, new-wave, rock noisy, punk… enfin bref on nous cherche tous les noms d'oiseaux pour au final en arriver à se dire que nous jouons du rock. Tous ces mouvements ont été créés avec le temps et maintenant tous les groupes et artistes veulent démarquer leur musique par un terme très particulier et parfois aberrant de connerie !!!
Pour nous, on fait du rock teinté de post-punk, de rock alternatif et de new-wave mais du rock avant tout.

Joy Division, The Ramones, David Bowie, le rock'n'roll 50's, etc., influences diverses et variées pour tous les membres ou cette variété naît-elle d'une mise en commun de vos apports respectifs ? Comment digérez-vous ces influences quand vous composez ?
Cette variété est individuelle et collective à la fois. Nous sommes tous les trois dans un univers musical commun qui est notre groupe mais en revanche, nous avons chacun notre univers musical à la maison. Nous partageons de nombreux goûts communs mais étant musiciens, nous ne pouvons pas écouter toujours le même style de musique, sinon nous risquerions de nous enfermer dans un esprit de composition répétitif et pompeux pour nous et pour les gens qui nous écoutent.
L'ensemble de la musique que nous écoutons influe probablement sur notre composition mais nous n'avons pas de recette particulière lorsque nous composons. Nous n'aimons pas passer du temps à travailler les morceaux, on aime que ça se fasse vite et naturellement alors généralement il nous faut de 1 heure à ½ journée pour composer la structure musicale d'un nouveau morceau.

On trouve dans vos musiques la noirceur de la cold wave et l'énergie du rock et du punk, et vos textes, à quelles sources puisent-ils leur inspiration ?
Concernant la musique, je pense que ça vient de la période punk et après punk des années 70 / 80 qui fait partie de notre culture musicale et qui est aussi à nos yeux une des périodes les plus fascinantes de l'histoire de la musique avec le début du rock'n'roll des années 60.
Du coup c'est là qu'on perçoit nos influences, selon l'énergie que dégage tel ou tel morceau.
Concernant les textes, je suis le seul à écrire car j'aime conserver mon univers d'écriture que je ne consacre que pour nos paroles. Je ne suis pas du genre à écrire toutes mes pensées au quotidien, donc dès qu'une structure musicale est composée, j'écris les paroles dessus, selon ce que la musique me fait ressentir et aussi selon mon état d'esprit de l'instant.
L'effet est spontané et j'aime cette façon de procéder.

En quelques mots décrivez-nous "Paranoïa", ce qu'il renferme, les buts qu'il vise, ce que vous voulez faire passer à travers lui et ce que vous attendez de lui…
L'album est volontairement très court (moins de 30 minutes) et dégage un mélange froid et très brut à la fois. Pour nous, ce disque est plus abouti que le premier car on y retrouve davantage de variété musicale et sonore, certains morceaux ont des structures plus travaillées et nous nous sommes davantage appliqué sur les mélodies basse/guitare.
Concernant les paroles, l'ensemble tourne autour de la position d'un individu sur le monde en prenant position sur l'environnement social et climatique que l'on connaît aujourd'hui.
J'espère simplement que l'impact des paroles sera aussi important que l'impact mélodique car chaque morceau possède une cohérence parole / musique que nous n'avions pas aussi bien réussie sur notre premier disque.

L'une des forces de Joy Disaster se cache dans l'aspect mélodique vraiment puissant des compositions, comment se passe le processus de création dans le groupe ?
Je parlais justement de cette partie dans ma réponse précédente.
Eh bien il n'y a pas de processus particulier de création pour le groupe mais nous attachons de l'importance à la mélodie et bien entendu, comme nous sommes un trio, nous ne pouvons jouer que sur la mélodie de la basse ou de la guitare.
Franz est un très bon bassiste et trouve toujours des lignes de basse très mélodiques, du coup c'est très simple pour moi de trouver la partie guitare allant en harmonie avec ce qu'il joue.
En revanche, Franz et moi composons chacun de notre côté et nous rassemblons les éléments que nous avons préparé lorsque nous nous ennuyons de jouer les morceaux déjà existants, ce qui donne une excitation supplémentaire lorsque nous nous lançons dans la composition de l'album suivant.

La cover est je trouve particulièrement réussie, elle colle bien à la musique, d'où vient-elle ? Qui en est responsable ?
Nous en sommes tous responsables :o) !!!
Au départ personne n'avait d'idée, que ce soit les musiciens ou Simon notre graphiste et puis un jour j'ai trouvé un bout de tapisserie très kitch chez ma petite amie qui m'a inspiré pour la pochette du disque.
Je l'ai montré à Franz en premier et il a été tout de suite partant pour cette idée et après coup, tout le monde à suivi. Cette pochette n'a pris que quelques jours de travail mais le résultat nous convient parfaitement.
Nous voulions casser l'image du premier disque qui dégageait un côté sombre basé sur le cinéma des années 30 mais qui nous a donné une image un peu trop "gothique" à notre goût.
Du coup avec une pochette d'album aussi colorée, nous apportons une image beaucoup plus neutre et cohérente par rapport à ce que nous faisons comme musique.

De quelles formations vous sentez vous proches ? De quelles scènes ? Quels groupes suscitent aujourd'hui l'intérêt de Joy Disaster ?
Je pense qu'aujourd'hui notre groupe se retrouve un petit peu au côté de formations comme Interpol, Placebo, The Cure, Stereophonics, Ausgang d'un point de vue musical.
On peut nous cataloguer sur la scène rock de façon générale bien que le milieu gothique que nous aimons retrouver nous accueille toujours avec beaucoup d'enthousiasme et de sympathie.
Les groupes qui suscitent notre intérêt sont des groupes nouveaux qui sont sur la scène indépendante. Je pourrais citer The Transisters (It), Charles de Goal (Fr), Frustration (Fr), The Acute (Scotland), Quidam (Spain), The Process (Sweden), The Last Day Of Jesus (Bratislava) et bien entendu, des groupes qui existent et n'existent plus aujourd'hui mais qui font partie du culte pour nous : Joy Division, The Clash, Dead Kennedys, Buzzcocks, The Cure…

Le futur de Joy Disaster consiste en quoi ? Des concerts en vue ? Des pistes pour le prochain album ?
Déjà pour l'instant nous allons défendre notre second disque en Europe jusqu'au mois de décembre tout en cherchant un label pour le distribuer. Nous avons quelques propositions mais rien de bien intéressant pour le moment.
Après décembre, nous allons être dans une période de convalescence durant trois mois car l'un de nous va subir une opération du bras et ne pourra donc pas jouer de son instrument en entier. Du coup nous allons composer pendant cette période le troisième disque qui verra sûrement le jour en fin d'année prochaine.

Les Sentinelles vous remercient de leur avoir consacré un peu de votre temps et vous laissent le soin de conclure cette interview…
Merci aux Sentinelles de nous avoir accordé une interview et pour l'intérêt porté à Joy Disaster.
Amitiés.
Nico


                                     Brown Jenkin (octobre 2007)