Interview Barbarossa Umtrunk (année 2010)

N'abandonnez pas vos espérances, vous risquez avec Barbarossa Umtrunk de trouver enfin le projet musical qui saura stimuler à nouveau vos papilles cérébrales blasées !
Articulant sur une ossature rituelle des thèmes et paysages sonores ésotériques, martiaux, envoûtants et magiques, l'art de BU insuffle en nos esprits une somme culturelle foisonnante qui nous invite à franchir le seuil d'aurores spirituelles captivantes.
Le Baron Von S, l'alchimiste talentueux et maître à bord, nous parle de son oeuvre, de ses projets, du troisième album "Wehrwolf Dharma" et nous présente son tout récent successeur, j'ai nommé "Agarthi"; encore merci à lui de tendre aux profanes que nous sommes de précieuses lumières, essentielles en ces temps d'obscurantisme...

On apprend que le projet est actif depuis l'année 2005, mais encore ? Comment s'est construit l'édifice Barbarossa Umtrunk et avec quels protagonistes ? De quelle nature sont les motivations originelles du projet ?
Barbarossa Umtrunk est certes officiellement actif depuis 2005, date à laquelle le duo originel composé de moi-même et de Ra Kha est apparu sur l'édition limitée du "Vent Divin" de Westwind publié chez Neuropa. Nous étions alors en contact avec feu-Black Sun Rising devenu depuis Steelwork Maschine et Kris G, après avoir écouté quelques-uns de nos premiers travaux, nous avait proposé d'être de la partie sur son prochain opus.
Barbarossa Umtrunk n'en était alors qu'à ses balbutiements bien que le concept musical avait germé dans nos esprits depuis 2 ans déjà.
Par le passé, adolescent je suis passé comme beaucoup par la cold wave et le post-punk, puis cela va de soi, s'ensuivit une découverte logique de l'indus et de la folk apocalyptique.
Je vais alors, dès la fin des années 90, commencer occasionnellement à enregistrer des structures sonores bruitistes et "concrètes" à l'aide de matériaux divers et d'un synthé analogique.

Puis s'ensuit une très courte expérience en tant que claviériste chez Samothrace, un groupe de black metal local formé par des proches. Je ne resterai que le temps de quelques repets mais cette expérience me donnera l'envie de me lancer dans un projet solo, influencé à l'époque par les productions de chez Cold Meat Industry. J'avais d'ailleurs opté initialement pour le nom de "Vanaheim", en référence à la mythologie Nordique mais très vite ma rencontre avec Ra Kha va faire avancer les choses. Baignant lui aussi dans les musiques industrielles et néofolk et attiré comme moi par une imagerie guerrière et Teutonique, nous décidâmes très vite de nous investir en commun dans un groupe d'Indus Martial sous le nom de Barbarossa Umtrunk en référence pour l'anecdote à une liqueur qu'on peut déguster en forêt de Thuringe mais surtout en mémoire de l'Empereur Frédéric Barberousse qui repose selon la légende au coeur de la montagne de Kyffhäuser.
Nos influences musicales d'alors étaient TMLHBAC, Blood Axis, le Dernière Volonté des tous débuts, Deutsch Nepal, les albums de Burzum à consonance ambient ou encore Mz 412. Du côté des thèmes traités, au-delà des sujets historiques et militaristes, nous étions influencés par le néo-paganisme et l'occultisme qui faisaient partie de nos centres d'interêts principaux bien au-delà de la musique.
Nous cherchions aussi dès le départ à insuffler à nos créations quelque chose de très rituel et tribal tout en préservant toujours une prédominance d'ambiances lourdes et martiales. On a donc investi doucement dans du matériel et le projet s'est développé petit à petit jusqu'à ce que Kris de Westwind et Serge de Storm of Capricorn nous encouragent à sortir de l'ombre.

Après avoir publié le remix de l'Intro du "Vent Divin" pour Westwind, nous sommes rejoints par G.C qui prendra part aux compositions suivi quelques mois plus tard de Maya au chant. War Office Propaganda venait alors tout juste de nous faire participer au "Scontrum Act V" aux côtés de Larrnakh et Bunkierrorkestrei. Ra Kha s'investissait chaque jour davantage avec passion et énergie dans BU pour finalement tout lâcher du jour au lendemain, disparaissant avec une bonne partie du matos s'exiler en Suisse accompagné de Maya, et ce, quelque temps à peine après notre publication chez WOP.
Ce break a failli être fatal au projet, si G.C ne m'avait pas poussé quelques mois plus tard à retravailler sur les morceaux déjà en chantier et à créer une page Myspace. C'est donc sous forme de duo (bien que la majorité des compos à partir de cette époque et jusqu'à aujourd'hui soient quasiment toutes de mon cru) que Barbarossa Umtrunk réémergera dans le courant de l'année 2008, à travers sa participation à des compilations et surtout la publication en Janvier 2009 de "Regnum Sanctum" le premier album complet paru chez SkullLine.

S'ensuit "Glazialkosmogonie" puis nos splits "Thule Gesellschaft" en collaboration avec Seuchensturm et "72 Candles in Cairo" avec Kazeria où participera l'ecrivain Marc-Louis Questin. A la même période, G.C forme Effets Secondaires et Suskun rejoindra très brièvement BU le temps de participer à l'enregistrement de "Thule Gesellschaft" (imposant sa voix déclamée tour à tour en français, allemand et arabe!) ainsi qu'à la conception de nos deux morceaux parus sur les compilations "Tribute to the Dead Soldiers" de la Caverne du Dragon ...mais pour cause d'incompatibilité de caractère et de manque de motivation de sa part, il ne restera pas. C'est au même moment que G.C décide à son tour de quitter BU et par la même occasion de stopper Effets Secondaires.

Aujourd'hui Barbarossa Umtrunk est donc officiellement devenu un One man's band mais je suis aidé bien plus qu'on ne le pense, par ma femme qui me donne de nombreux conseils lorsque je compose et qui a prêté sa voix cristalline sur plusieurs titres récents. Je la remercie encore pour sa patience et son soutien aussi bien créatif que moral. Je travaille aussi avec l'artiste Sylvia Polaris qui réalise notre imagerie et avec Sowillo, un ami de longue date qui a déjà participé à quelques enregistrements "live" de forge sur "Wehrwolf Dharma" et qui devrait très bientôt rejoindre officiellement BU.

Esotérisme et occultisme : voici des termes bien souvent croisés à l'intérieur du cercle musical qui nous intéresse, peut-être même galvaudés parfois; quand on connaît un peu Barbarossa Umtrunk, on comprend vite qu'ils revêtent pour toi un sens profond et sincère, quels seraient tes mots pour les définir ?
En effet, l'ésotérisme, l'occultisme et j'ajouterai le néo-paganisme sont devenus des codes esthétiques qui font bonne figure et surtout bon marché au sein des scènes musicales estampillées "dark" et particulièrement parmi les musiques dites "post-industrielles". Ainsi, de nombreux groupes néofolk usent de runes à n'en plus finir sans pour autant être réellement investis au quotidien dans une étude approfondie de la runologie. Mais ne jugeons pas trop vite car il faut souligner qu'au sein des sous-genres rituel et dark ambient, de nombreuses formations sont sincèrement férues d'occultisme et s'essaient fidèlement à rendre leur oeuvre la plus "magique" possible. Le problème avec cette scène rituelle, c'est qu'elle s'écarte trop rarement à mon goût des thématiques crowleyiennes ou tibétaines alors qu'il y a tant d'autres sujets ésotériques riches de symboles et si rarement explorés. Je peux t'assurer toutefois que BU n'est pas le seul groupe de la scène post-industrielle à prendre très au sérieux la part "occulte" des choses et que de nombreuses formations usent de runes et de sigils magick en parfaite connaissance de cause. Il y a en cela, dans la démarche de nombreux projets néofolk et ambient/rituel actuels cette volonté sincère d'insuffler à l'élaboration de leurs plages sonores une approche cérémonielle opérative et magique.

C'est ce que j'essaie de faire avec Barbarossa Umtrunk, étant moi-même un féru de littérature à mystères, de religion et d'ésotérisme, je travaille souvent mes morceaux en y intégrant des mantras et incantations bien spécifiques, en jouant sur la répétitivité de certaines boucles et en usant de sons et sources sonores adéquates pour sacraliser l'oeuvre. Rien n'est là par hasard.

Quelles sont les principales sources ésotériques que tu explores ? L'Histoire cachée, secrète, se dérobant au regard du profane et le trésor assoupi dont les lumières murmurent d'infinies richesses spirituelles...
Ma musique possède différents niveaux de lectures et il n'est pas nécessaire d'être "initié" pour l'apprécier.

J'essaie toujours de me concentrer sur l'aspect mythique des sujets évoqués puis d'en faire ressurgir les aspects les plus mystérieux de manière envoûtante et cinématique afin que chacun puisse les apprécier selon sa propre perspective et son interprétation personnelle. Néanmoins, les sujets traités le sont toujours en profondeur et explorent en effet beaucoup l'Histoire Invisible, car je trouve intéressant de traiter des thèmes à caractère historique d'une manière moins conventionnelle que celle dont ils sont développés habituellement dans la scène martiale et néofolk. Barbarossa Umtrunk évoque l'Histoire sous un angle et un regard nouveaux, avec une vision magique du Monde. Les sources ésotériques, et j'ajouterai métahistoriques, que j'explore sont variées bien qu'évoluant sur la même ligne directrice à de nombreux niveaux. J'essaie toujours de ne pas établir de connexions fortuites, et tout est mûrement réfléchi. Mes sujets de prédilection renvoient le plus souvent à l'héritage Hyperboréen, aux mythes de Thule et de l'Atlantide, à l'Initiation Royale, aux gnoses Cathares, Templières et Rosicruciennes, aux sociétés secrètes de l'ère Victorienne et de la Belle Epoque ainsi qu'aux Mystères Nazis et aux théories de la Terre Creuse. Dans un registre moins ésotérique, les thèmes conspirationnistes, la Seconde Guerre mondiale et parfois même la géopolitique actuelle sont aussi une source d'inspiration qui tiennent une place importante. En ce sens, certains morceaux prennent souvent des colorations bien plus métapolitiques qu' ésotériques. L'ombre d'Evola, de Douguine, de Parvulesco, de Codreanu ou encore de Mishima n'est jamais loin...

"Regnum Sanctum", "Glazialkosmogonie" et "Wehrwolf Dharma" : ces trois oeuvres partagent-elles un fil conducteur ? S'agit-il d'un triptyque ?
Il ne s'agit aucunement d'un triptyque, "Wehrwolf Dharma" représente pour moi un nouveau départ car il est mon premier album composé tout seul du début à la fin.
A travers "Regnum Sanctum" et "GlazialKosmogonie" j'avais publié une grosse partie du travail que nous avions produits durant la fin 2007 et le courant de l'année 2008. Les thèmes des morceaux étant variés j'ai préféré les regrouper sous la forme de deux CDs. Ainsi, les marches funèbres et mystiques de "Regnum Sanctum" dessinent un mémorial aux soldats oubliés de l'histoire officielle où sont déclamés des textes de Julius Evola, Walther Darré et Hermann Hesse. "Glazialkosmogonie" se préoccupant de son côté des cultes Thuléens et développant des atmosphères plus glacées et cosmiques avec des textes de Jean Parvulesco ( "Wolfen"), Karl Maria Weisthor ("Eldritch Germania") et un discours de l'écrivain chilien Miguel Serrano ("El Ultimo Avatara"). Sur ces deux disques, la production et le mixage laissaient encore à désirer...

Mais pour "Wehrwolf Dharma", j'ai vraiment chercher à créer un album mieux produit et où les morceaux se suivent logiquement et dessinent des paysages sonores émergeant de la nuit des temps, nous contant une saga oubliée, celle de l'Homme Hyperboréen dont la mémoire se perd au fond des âges. Ce troisième album suit en un sens "Glazialkosmogonie" puisqu'il traite aussi de l'Ultima Thule et de l'héritage Nordique. Mais pour moi "Wehrwolf Dharma" est plutôt la suite logique et l'aboutissement du morceau "Wolfen" (que je songeais d'ailleurs à rééditer sur l'album en "outro" mais j'ai dû hélas me défaire de cette idée par manque de place). Ainsi, les thèmes exposés dans "Wolfen" sont développés avec plus de précision tout au long de "Wehrwolf Dharma".
"El Cordon Dorado", mon split-CD en hommage à Miguel Serrano réalisé avec Dronerune( side-project de Kazeria) et qui ne devrait plus tarder à paraître chez UFA muzak reprend pour sa part le travail entamé sur le morceau "El Ultimo Avatara" et dessine une épopée cosmique et polaire teintée de catharisme et de tantrisme qui suit les traces de "Glazialkosmogonie".

Le mot "Dharma" est un terme clé et multiple dans les philosophies et religions indiennes, quelle symbolique émerge de son association avec "Werhwolf" ?
C'est celle qui identifie "Dharma" à la Loi d'origine divine, aux commandements venus des cieux et des dieux. En ce sens, l'association de "Wehrwolf" et de "Dharma" désigne la "voie" vigilante et supra-humaine du loup-garou. Les hommes encore debout au milieu des ruines ce sont eux les loups de la dernière heure hurlant à la pleine lune, l'avant-garde militaire au coeur de fer qui se tient prête sur les précipices d'un monde proche de sa dissolution finale et de son ultime renversement. "Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers" disait l'apôtre Matthieu.

Comment doit-on interpréter les lunes qui s'écroulent de "Fallen Moons" ? Quels sont les échos que renvoient la riche symbolique de notre satellite naturel sur les contrées imprévisibles de "Werhwolf Dharma" ?
Les lunes qui s'écroulent de cycle en cycle font référence à la théorie de la "Glace Eternelle" du géophysicien autrichien Hanns Hörbiger. Selon sa conception de l'Eternelle lutte du Feu et de la Glace, les lunes précédentes furent des planètes de glace attirées puis capturées par la Terre, formant un anneau de glace autour de celle-ci, provoquant des phénomènes de gigantisme et de mutations sur l'humanité et finissant fatalement par s'écrouler sur la planète, entraînant cataclysmes et montées des eaux. La terre attire alors une nouvelle planète qui devient à son tour une lune et le processus recommence. Ses théories développent une cosmogenèse que j'ai toujours trouvé très poétique et pleine de symboles, voire d'idées qui dérangent la pensée scientifique établie, c'est pourquoi j'ai fait ce titre, qui pour l'anecdote n'était à la base que ma réinterprétation d'un morceau de Schattenspiel nommé initialement "Falling Down".

Pour en revenir au symbolisme de la Lune, Gurdjieff en parlait lui, comme d' une planète à son tout premier stade de développement. Il fut un temps, ajoutait-il, où le soleil était comme la terre aujourd'hui, et la terre, comme la lune actuelle. Il développait de très intéressantes théories à ce sujet, pour lui la vie organique ici-bas alimente la lune et celle-ci, dans son rapport à la vie organique sur terre devient un formidable electro-aimant; elle est aussi selon sa théorie du "rayon de création", à l'extrémité, à la terminaison du monde; elle est pour lui cette "ténébre extérieure" de la doctrine chrétienne.

Une tradition turque raconte que la Lune est le reflet de la lumière de Dieu qui est elle-même impossible à regarder en raison de sa radiance. Les turcs disent que si vous observez le visage d'une personne qui vient juste de regarder la lune, peut-être y verrez-vous alors la Sainte Lumière. En Inde, on dit que le Söma, le breuvage d'immortalité vient de la Lune et les Théosophes pour leur part parlent d'Instructeurs Sélénites pré-adamiques qui seraient mentionnés dans les arcanes les plus secrets des Druzes de Syrie et ils soutiennent aussi l'idée selon laquelle notre lune actuelle ne serait que les restes de l'antique continent de Mü qui se serait détaché de la terre suite à l'impact d'une météorite.

Toutes ces légendes et théories au-delà de leur beauté évocatrice ne sont pas si superflues que ça si l'on s'en tient à ce que des chercheurs récents ont observé: ils pensent que la Lune aurait été formée suite à la chute sur Terre d'un astre de la taille de Mars et dont les débrits se seraient rassemblés au départ sous la forme d'un vaste anneau autour de la Terre jusqu'à former la Lune actuelle. Ces mêmes chercheurs pensent qu'une seconde lune plus petite se serait formée au même moment mais que tournoyant trop près de la Terre, elle n'aurait pas survécu à l'attraction et se serait disloquée, pour s'abîmer sur notre planète.
On retrouve ici de nombreuses analogies avec les mythes et légendes dont je viens de parler et ces théories catastrophiques peuvent expliquer de nombreux évènements cataclysmiques mentionnés dans les anciennes écritures sacrées.
En cela, le morceau "Fallen Moons" mais aussi le poème de Michel Marmin déclamé sévèrement sur "Winter's Reign" ("Quand régira l'Hiver et ses éclats de Lune....") sont des ôdes à la Fin des temps, au dénouement final où sonneront de nouveau les trompettes.

Dans cet album, la rune Eihwaz semble tenir une place particulière, que signifie-t-elle pour toi ? Et, d'une façon plus générale, comment considères-tu les runes ?
Eihwaz est une rune polaire, c'est le symbole de l'Arbre du Monde, de l'Axis Mundi, elle est le pilier qui réunit ce qui est en bas et ce qui est en haut, le pont qui relie entre eux les mondes et les états multiples de l'Etre. Son symbolisme est similaire à celui du caducée d'Hermes. Elle désigne d'ailleurs l'If, l'arbre auquel Odin "le Crieur des dieux" fut pendu 8 jours et 9 nuits lorsqu'il reçut des cieux la connaissance des runes, le langage des étoiles. Eihwaz n'est toutefois pas invoquée ouvertement sur l'album contrairement à Tywaz et Thurisaz, bien que son symbolisme axial et son action polarisante se rattachent naturellement aux thèmes essentiels de "Wehrwolf Dharma".

On dit dans le Zohar qu'avant que Dieu ne crée Eve de la cote d'Adam, l'Adam non-déchu comprenait le langage des oiseaux et des animaux et qu'il ne faisait qu'un avec l'Arbre de Lumière, Axe Polaire qui s'étendait d'en haut vers le bas. C'est la aussi le but suprême de toute quête initiatique, ce retour au-delà, en deçà de la manifestation, à l'état originel, non altéré et pas encore différencié des choses, où régnait l'Adam-Kadmon, le "Grand Ancêtre" cristalin et éthéré de la Thule originelle que l'Inde traditionnelle désigne comme l'homme-cygne "Hamsa" : c'est l'homme "axial" fait à l'image de Dieu. Et c'est aussi ce que représente cette rune dans son plus haut degré d'accomplissement.

Les Runes représentent pour moi d'ailleurs un ensemble de trésors spirituels très forts qui guident nombre de mes gestes et actions au quotidien. Elles sont aussi des lames aiguisées qui foudroient l'Ego et imposent l' auto-discipline pour celui qui travaille sur elles avec sincerité, persévérance et volonté. Elles canalisent de plus les énergies primordiales et rattachent l'homme aux forces de la nature et des cieux et à la sacralisation du Monde et des Etoiles. Ce sont des forces vibratoires d'essence cosmique qui agissent sur la matière et l'énergie.
Elles ne peuvent forcément qu'insuffler une puissance magique, guerrière et sacrée à la musique.
Les Oghams, alphabet sylvain et écriture secrète des druides celtes m' intéressent aussi beaucoup.

Entre héritage magique et tradition guerrière, est-ce l'une des articulations clés de BU ?
Oui, c'est en effet l'un des thèmes centraux qui sous-tend les sujets explorés dans de nombreux morceaux et qui n'est pas sans rapport avec l'initiation royale "Ars Regia" où l'élément guerrier et l'élément sacral se trouvent réunis en une même unité.

Du reste, dans toute voie initiatique le chemin intérieur est semé d'épreuves et d'embuches qu'il s'agit de surmonter et de vaincre, tel Siegfried ou Saint Georges terrassant le Dragon. Toute initiation authentique nécessite ainsi de réels efforts car l'aspirant doit cheminer au noir pour trouver au bout la lumière et c'est encore plus vrai concernant les initiations à caractère solaire et viril du type de celles des Kshatryas. Ainsi pour atteindre la "pax triumphalis", la libération intérieure, il nous faut vaincre nos passions et nos faiblesses, l'ennemi qui est dans l'homme doit être vaincu. C'est la grande guerre sainte qui se mène conte l'ennemi infidèle que chacun habite en soi. C'est ce qu'enseigne Krishna à Arjuna dans la Bhagavad Gîtâ et c'est aussi ce que sous-entend ce hadîth de Muhammed, le prophète de l'Islam " Nous sommes revenus de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte".
Barbarossa Umtrunk puise son inspiration dans de nombreuses voies traditionnelles "héroïques" et "solaires": Mithraïsme, Berserkers, Templiers, Chevaliers Teutoniques, Samuraïs et j'en passe. J'ai particulièrement une admiration profonde et un interêt très fort pour le légionnarisme ascétique du mouvement roumain "la Garde de Fer" de Corneliu Zelea Codreanu auquel il me tarde de rendre hommage sous la forme d'un album complet.

Hymnes symphoniques et martiaux, musique rituelle et ambiances s'arrachant aux mythes s'enracinant au coeur de l'histoire européenne (mais pas seulement)... Ecriras-tu de la musique tant que tu n'auras pas trouvé ce Graal, ce qui te pousse à créer, t'amenant à repousser à chaque fois tes connaissances et semblant rendre la quête infinie...
Contrairement aux apparences les sujets traités par Barbarossa Umtrunk sont extrêmement cloisonnés, je m'impose sévèrement une réelle ligne directrice et des limites thématiques à ne pas dépasser. Mais il est vrai, du reste, que BU évolue et se précise chaque jour un peu plus aussi bien musicalement que conceptuellement. Musicalement, j'essaie de marier des passages martiaux à des saveurs plus mystiques, tribales ou hermétiques me situant quelque part entre héritage magique et tradition guerrière comme tu l'as si bien souligné. C'est ce vers quoi tendent mes compositions, du moins depuis que j'opère en solitaire.

Il reste encore beaucoup de travail à faire et de nombreux éléments à développer, Barbarossa Umtrunk n'en est qu'à ses balbutiements et je peux t'assurer que cette quête du Graal n'est pas prête de s'arrêter.

Sans vouloir tomber dans un quelconque cliché psychanalitique, peut-on appréhender convenablement cette abondante "Culture de l'Ombre", en saisir toutes les subtilités et différents niveaux de lecture, si au préalable on a jamais pu déchiffrer en nous-même la dynamique de notre propre personnalité ? Comme si l'aptitude à une plus intime compréhension des choses avait pour condition initiale la connaissance lucide et courageuse de notre for intérieur ?
Selon toutes les doctrines gnostiques, le but réel pour tout un chacun ici bas c'est de se libérer de la "maya", de l'illusion et des mécanismes, devenir un "homme rusé" et détaché des passions en quête sincère de Vérité et du sentier perdu qui ramène au commencement. Mais cette possibilité n'est pas donnée à tout le monde, " n'a pas l'Or qui veut..." c'est pourquoi la Gnose est une connaissance de l'Elite. A travers les tableaux que dépeint ma musique et les thèmes cosmogoniques qu'elle aborde j'invite l'auditeur à remonter le cours du temps pour peut-être y retrouver au bout du sentier son Etre profond, sa propre réalité immuable et primordiale dont le secret réside au coeur même du Soleil non-manifesté, le "Sol Niger" des alchimistes.

René Guénon, parmi ses nombreux et précieux avertissements à l'égard du monde moderne et profane affirmait fermement qu'il était urgent de reconstituer en Occident une élite des élites reliée au Centre Suprême et qui reconstruirait l'arche afin d'assurer la conservation des éléments qui devront échapper au naufrage du monde actuel pour devenir les germes du monde futur. J'essaie, à travers Barbarossa Umtrunk, de contribuer modestement et dans la mesure de mes moyens à l'élaboration et à la construction de cette arche.

La musique de BU semble exprimer aussi une formule qui pourrait être "plus de spiritualité et moins de religion" ? Au-delà du slogan forcément simpliste, me rejoins-tu sur ce point ? Est-ce cela qu'il manque à "l'homme moderne" ?
J'essaie à travers mon approche musicale du "sacré" d'être au-delà des formes religieuses et d'explorer leurs mystères ésotériques plutôt que leur aspect dogmatique et exotérique, mais mon système de pensée ne renie pas ce dernier point pour autant. La religion sert la spiritualité tout comme la spiritualité sert la religion et l'une et l'autre sont forcément complémentaires, elles ne sont que le noyau et l'écorce qui sous-tendent la "Foi". Ainsi l'école de pensée "Perenniste" affirme l'origine commune de toutes les religions qui s'abreuvent chacune à une même source de connaissance universelle. Il ne faut jamais perdre de vue que la Vérité est Une et indivisible et qu'elle est la source Unique à laquelle s'abreuvent toutes les religions authentiques. C'est la raison pour laquelle Barbarossa Umtrunk explore des cultes variés dans leurs formes extérieures mais dont le dénonimateur commun est toujours le même dans le fond.
Si on ne comprend pas ce facteur essentiel, toute pratique religieuse est d'ailleurs obsolète en soi. Des dérives sectaires contemporaines comme celles des salafis en Islam ou des témoins de Jéhovah en Occident en sont un exemple frappant.

C'est en ce sens que l'oeuvre de René Guénon est providentielle en nos temps d'obscurantisme et de confusion où la religion est constamment pointée du doigt et où règnent les valeurs marchandes et profanes. La religion, lorsqu'elle est correctement assimilée est la base traditionnelle essentielle à partir de laquelle toute civilisation et société normalement constituée doit se développer et il est fort dommage de constater qu'en Occident l'homme moderne ait généralement coupé le lien d'avec ses racines chrétiennes. Je vois en outre, contrairement à un grand nombre de mes compatriotes français, d'un oeil très favorable un régime comme celui de la république islamique d'Iran, qui sous l'autorité de son guide suprême l'Ayatollah, reste l' une des dernières puissances dans le monde à résister aux forces anti-traditionnelles, libérales et matérialistes.

Certaines compositions ont pour socle ce qui pourrait évoquer un mantra, une phrase sacrée captant progressivement notre attention et nous entraînant dans sa spirale, es-tu d'accord ?
Totalement d'accord, j'aborde la plupart de mes compositions en accordant beaucoup d'attention à leur "charge" magique et sacralisante, jouant sur la répétitivité de certaines boucles ou vocaux et la superposition massive de nombreuses pistes dans le but de former l'égrégore adéquat sur lequel seront placés au final les textes et discours principaux. Les spoken words poignants déclamés en français sont d'ailleurs devenus l'une des marques de fabrique de BU auxquels s'adjoignent depuis peu des chants plus sévères.

Ta musique est aussi une exploration du soundtrack de film, tu sais insuffler une dimension toute visuelle dans les arcanes de tes hymnes ésotériques, est-ce pour toi un élément essentiel de ton art sans lequel BU perdrait l'une de ses caractéristiques fortes ?
J'explore en effet cet aspect car il est parfait pour canaliser les thèmes guerriers relatifs aux initiations des Kshatryas mentionnées plus haut. C'est aussi un clin d'oeil aux Peplums et un bon moyen de plonger l'auditeur dans l'Antiquité, de créer un soundtrack "Evolien" de l'Histoire!
J'essaie par l'usage de nombreux samples, de drones massifs et aussi de lignes de synthés et de caisses claires "lives" ou virtuelles, d'insuffler à mes morceaux les plus épiques une brutalité qui serait sortie tout droit de la B.O de "Conan" tout en les enrichissant d'une dimension occulte et mystique. Ainsi, au coeur même des champs de bataille que dessinent mes compositions les plus martiales, le monde de l'invisible n'est jamais loin.

Julius Evola est un personnage que l'on croise souvent dans la scène ritual-folk, c'est aussi l'une des influences de BU (sauf erreur, c'est bien lui qui figure sur la pochette de "Regnum Sanctum"), que représente-il à tes yeux ?
C'est bel et bien Julius Evola qui figure en uniforme militaire sur la pochette de notre premier album.
Je tiens d'ailleurs à signaler que le morceau "Souvenir de Guerre" qui était paru sur "Scontrum Act V" puis sur "Regnum Sanctum" s'inspire d'un texte extrait du journal de guerre qu'il tenait à l'époque même où fut prise cette photo.
Le Baron Evola est au même titre que R.Guénon et J.Parvulesco une des influences majeures de BU.
Ainsi, des ouvrages comme "Révolte contre le Monde Moderne", "Chevaucher le Tigre", "Le Mystère du Graal", "Méditations du haut des cîmes" ou encore la série des "Ur&Krur" m'ont profondément marqués.
En dernier lieu, son oeuvre est une arme idéologique essentielle à l'usage des derniers militants "révolutionnaires conservateurs" qui résistent, envers et contre tous, à la pensée moderne bien-pensante et égalitaire. Les genres musicaux "neofolk" et "martial" apparaissent en cela pleinement appropriés pour illustrer les thèmes Evoliens.

Autre individu incontournable, Aleister Crowley... Que cherchait Barbarossa Umtrunk dans les rues les plus obscures du Caire en cette année 1904, et dont témoigne "72 Candles in Cairo" (split avec Kazeria [KZ]) paru chez SkullLine ?
L'idée de bosser sur Crowley date des prémices de BU et le titre "Ra-Hoor-Khuit" a été partiellement composé aux temps de la toute première formation. Suite au départ de Ra Kha, j'ai délibérément mis en sommeil ce titre, attendant le moment opportun pour le ressortir des placards. Les mois passèrent, des idées de titres foisonnaient dans ma tête et le projet germa petit à petit jusqu'à ma rencontre avec Kazeria [KZ] en Janvier 2009. Nous décidâmes de collaborer ensemble sur un hommage au mage Aleister Crowley et d'intituler notre split "72 Candles in Cairo (1904)". Je me suis donc attelé à ma partie en insufflant une dimension épique et exotique proche du "mirage oriental" à mes plages sonores. C'est l'impression que j'ai essayé de provoquer afin de plonger l'auditeur dans un maelström d'étendues désertiques d'un autre temps que surplombent des pyramides imposantes. Je me suis aussi penché sur les Aissawiyas, cette confrérie secrète de charmeurs de serpents à laquelle Crowley fut initié dans le désert d'Algérie en 1909, quelques années à peine après la révélation du "Livre de la Loi" que lui dicta l'entité Aiwass en Egypte.

Je trouvais intéressant et "osé" de prendre à contre-pied la scène rituelle, en proposant musicalement autre chose que de l'ambient et en élaborant des marches puissantes trés typées "Indus Martial" tout en explorant néanmoins un univers d'inspiration occultiste teinté d'ambiances orientales. Nous avons travaillé avec Diego Arandojo, réalisateur argentin de courts-métrages qui s'est chargé des vidéos-clips, Sylvia Polaris qui a créé de son côté les visuels en parfaite osmose avec la musique et enfin Marc-Louis Questin qui dirige la revue gothique et littéraire "La Salamandre" a prêté sa voix magistrale sur deux moceaux. "72 Candles in Cairo" fut une entreprise audacieuse et je suis très satisfait de son résultat et vraiment fier du travail entrepris en commun avec [KZ] sur ce split. Pour finir, je tenais à signaler que la magie énochienne et le thélémisme ont occupé une place importante dans ma vie par le passé mais que ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui, ainsi la conception de ce split était aussi une façon d'exorciser tous ces vieux démons qui sommeillaient en moi.

"Military Ambient for Iron Youth", est-ce un clin d'oeil en direction de Boyd Rice ? As-tu un attrait particulier pour ce vieux routard provocateur de la scène industrielle ?
C'est en effet un clin d'oeil à Boyd Rice et au best of de NON intitulé "Easy Listening for Iron Youth" mais si j'utilise délibérément ce slogan c'est avant tout parce que je trouve que l'expression sonne bien et définit judicieusement le son de Barbarossa Umtrunk. C'est pourquoi elle figure en tête de page sur notre profile Myspace.
En ce qui concerne NON et Boyd Rice, je t'avoue que je ne l'ai pas écouté depuis des lustres mais j'ai eu un certain interêt pour ses travaux par le passé, particulièrement ses collaborations avec Douglas P. Des oeuvres comme "Scorpion Wind" ou encore "In the Shadow of the Sword" sont et resteront des trésors.
Je ne partage, cela dit, aucunement ses positions satanistes, bien que le travail entrepris par sa revue d'orientation gnostique "Dagobert's Revenge", organe extérieur du sulfureux Ordo Lapsit Exillis, propose des sujets d'études très intéressants sur les thèmes Caïnites, Mérovingiens, Cabires, Templiers etc....

Peux-tu nous présenter "Agharti", le successeur de "Werhwolf Dharma", une expérience de ォGéographie Sacréeサ repoussant les frontières de la Vieille Europe et qui semble très prometteuse...
C'est un projet qui me tenait à coeur depuis longtemps et un thème que je rêvais de mettre en musique, c'est désormais chose faite.

j'ai développé le concept autour des différents mythes qui constituent la source du symbolisme traditionnel de l'Agarttha tel qu'il fut exposé par R.Guénon dans "Le Roi du Monde" mais aussi par J.Evola dans "Le Mystère du Graal et l'idée Impériale Gibeline". Se croisent et s'entremêlent la légende du Prêtre Jean et celle de la fontaine de jouvence, les prophéties mongoles et légendes ouzbeks relatives au monde souterrain, les mythes persans évoquant la Montagne d'Emeraude qui se trouve au "creux du monde" ainsi que des extraits d'ouvrages de St Yves d'Alveydre, Gerard de Nerval, E.B.Lytton et Maurice Leblanc. Les peintures de l'explorateur Nicolas Roerich furent aussi une source d'inspiration très forte qui guidèrent la conception de chacune de mes compositions. Et puis il était temps de rendre un hommage sérieux au mythe de l'Agarttha, à l'heure où la contre-initiation tente de se réapproprier son thème et de le dénaturer au point d'en donner des interprétations délirantes et totalement erronées comme on peut en lire à foison sur le Net et même en librairie dans les rayons "new age" ou ufologiques.

Sont donc développées avec une approche historique rigoureuse, des ambiances évoquant aussi bien les milieux spirites et théosophiques parisiens de l'entre-deux-guerres que les voyages d'Alexandra David-Neel ou de Ferdynand Ossendowski en Asie Centrale. Les compositions variées dévoilent tour à tour des drones caverneux sur lesquels se dessinent d'étranges processions rituelles et un indus tribal hypnotique, des marches militaires titanesques ou encore des décorums dark ambient intra-terrestres avec en clé de voûte, un morceau composé avec l'Ukrainien Tamerlan. De nombreuses archives sonores, samples et influences folkloriques soigneusement séléctionnés parcourent aussi l'album. Ainsi, tout comme sur "72 Candles in Cairo", les éléments extra-européens sont légion, provenant cette fois-ci non plus d'Egypte mais des steppes d'Asie Centrale et des montagnes du Caucase et de l'Himalaya.
J'invite donc le lecteur de cette interview à se procurer ce disque et à entreprendre ce voyage initiatique qui mène au "Coeur du Monde".

Outre "Agharti", divers projets sont en préparation, peux-tu nous les présenter ?
Ces derniers temps j'ai été sollicité par de nombreux labels et pas mal de sorties sont donc prévues dans les mois à venir chez UFA Muzak, Reminiscences prod., Urkraft, Z-Bugle records...
J'ai aussi plusieurs collaborations en cours.
Tout d'abord "El Cordon Dorado" le split avec Dronerune en mémoire de Miguel Serrano ( écrivain visionnaire et diplomate chilien décédé l'an dernier) doit sortir à la fin de l'été chez UFA Muzak. Marc-Louis Questin participe de nouveau sur un morceau, récitant cette fois-ci une longue prose tirée du livre "El-Ella ou l'Amour magique" de Serrano.
J'apparais aussi sur l'édition spéciale du dernier Sinweldi "Acta Fabula Est" avec un remix sombre et martial de "A travers l'Europe".

SkullLine doit aussi éditer sous peu un split-CD qui regroupe l'intégralité des morceaux sur lesquels Barbarossa Umtrunk et Schattenspiel ont collaboré. Ces collaborations très étroites entre nos deux groupes sont bien parties pour ne pas s'arrêter de sitôt. Notre dernière alliance en date étant un projet passionnant sur lequel nous travaillons avec nos confrères argentins Kazeria et Igniis en hommage à la figure historique du Voïvod Vlad III dit "l'Empaleur". Mais je ne peux en dévoiler plus pour l'instant...

Un 5ème album complet traitant du "Gaullisme Esotérique" est actuellement en chantier et doit être publié sur le label Reminiscences Production et j'ai aussi pour projet de réenregistrer d'anciens titres de "Thule Gesellschaft" mon split avec Seuchensturm et d'en composer de nouveaux sur ce thème qui seront regroupés sous la forme d'un 6ème opus consacré à la Société Thulé et à ses mystères. Une collaboration avec les Allemands de Gabe-Unruh est ensuite prévue et son concept est plutôt alléchant puisque nous nous sommes lancés comme défi de créer la bande-son la plus cinématique qui soit du "Mahabarata", ce corpus de textes indo-aryens où s'entremêlent le mythe et la méta-histoire.
Enfin, SkullLine doit publier courant 2011, un best-of de BU nommé "Ars Regia" .
Pour finir, j'ai tout récemment participé avec Spreu&Weisen à l'élaboration d'un morceau aux accents "Guénoniens" qui figurera sur "Gott Vergelts" leur prochain opus qui doit sortir cet été et où apparaissent aussi Von Thronstahl et Days of the Trumpet Call.

Exprimer tes rituels face à un auditoire, y penses-tu ? Un concert de BU, avec ce que cela peut laisser imaginer en matière de présence et de charisme, est-ce un autre de tes projets ?
J'y songe en effet, car les propositions ne manquent pas mais ce n'est pas pour aujourd'hui. J'aimerais déjà faire des répéts avec Sowillo et intégrer à mes compos de base de nombreux éléments nouveaux sur scène: trompe tibétaine, moulins à prières, cymbales, guimbarde et bols chantants mais aussi caisses claires, percussions écossaises et tôles de métal et d'acier. J'ai toujours été fasciné par les prestations live de Rosa Crux et, sans avoir pour autant la prétention de créer une performance aussi grandiose que les leurs (je n'en ai d'ailleurs ni les moyens ni le génie), j'aimerais moi aussi développer un jeu de scène longuement préparé avec consécration de l'espace rituel, jeux de lumières, encens et fumigènes, drapeaux de BU en décorum et diffusions de vidéos adéquates calées sur la musique etc...
Toutes ces idées demandent énormément de travail et de préparation, il va donc falloir attendre quelques petites années avant que Barbarossa Umtrunk n'apparaisse sur scène.

Qu'en est-il de Effets Secondaires ? Sur son Myspace, on apprend qu'il s'agit d'un side-project de BU créé en 2008, mais à part ça ? Une chose est certaine, on y retrouve le même maniement habile de la boucle hypnotique et du sample...
Effets Secondaires n'a jamais été mon side-projet mais bel et bien celui de G.C. du temps où il était membre de Barbarossa Umtrunk. Les thèmes et références de ce projet puisaient surtout dans le Cinéma d'auteur de la "Nouvelle Vague", les films de Godard, Truffaut, Rohmer, Delville etc... G.C avait alors l'opportunité de publier quelque chose chez UFA via un split avec Ryr mais le projet a été avorté et Effets Secondaires semble bel et bien mort, à moins bien sûr qu'il ne se décide à relancer EF dans des temps futurs mais cette éventualité s'avère fort compromise. Conçernant "le travail habile de la boucle", je suis d'accord avec toi, G.C a toujours su donner une dimension hypnotique voire transcendante à ses compos aussi bien pour Effets Secondaires qu'au sein de notre travail en commun sur BU.

Cet entretien s'achève, merci à toi d'avoir pris le temps de répondre à ces questions, je te laisse conclure...
Pour conclure, j'aimerais citer une phrase de Jean Parvulesco qui résume parfaitement la mission occulte, à laquelle Barbarossa Umtrunk est convié depuis les hauteurs :

"Nous sommes les Ténèbres qui servent la Lumière et l'ennemi de mort de la Lumière qui sert le parti des Ténèbres."

 

      Gasp (année 2010)