Interview Artefact (année 2008)

C'est fort d'un troisième album que le groupe français revient pour le meilleur hanter notre espace sonore avec son black metal fantastique. Epique, guerrière, mais aussi spirituelle et mystique, l'expérience se veut totale et la musicalité suprême… "Ruins" est effectivement une œuvre fantastique à tous les points de vue, un voyage à ne rater sous aucun prétexte tant les émotions qu'il propose sont puissantes !




Salutations ! Bien que votre troisième opus s'intitule
"Ruins", chaque titre nous pousse vers le combat, la force et la lumière… Quelle forteresse de pouvoir et de connaissance se dessine en filigrane au cœur de ces ruines ?
Aldébaran: Celui qui pénètrera l'enceinte de "Ruins" découvrira un monde à part, une sorte de dimension parallèle peuplée de gargouilles, de sorciers et autres bêtes fantastiques, il sera happé dans cet univers sombre où régnaient en maître les châteaux forts, la Nature et les puissances occultes. Plus sérieusement, ce sont parallèlement des réflexions sur l'existence, l'histoire, des émotions qui procurent à l'auditeur un sentiment de force et de volonté de conquête.

Il se dégage de votre musique une puissante force émotionnelle, une sorte d'aura véritablement saisissante ; où souhaitez-vous mener les pèlerins égarés que nous sommes dans votre symphonie de l'extrême ?
Merci. La musique d'Artefact plonge l'auditeur dans nos propres émotions intérieures, dans le tourbillon de nos sentiments personnels, peut-être l'auditeur s'y retrouvera et comprendra ce qui l'anime ? Le désir de créer dans Artefact m'est venu par rapport à des images, des sensations qui me sont venues et que j'avais envie de faire partager en musique, et une certaine forme d'agressivité aussi.

Est-ce qu'on peut trouver un lien entre "Son of solstice", "Magic spellcraft" et "Ruins" ? Un lieu, un personnage, ou plutôt une attitude d'âme et de cœur…
Le lieu pourrait être la tour moyenâgeuse que l'on retrouve un peu comme symbole au travers des trois disques, c'est un lieu qui existe réellement à proximité d'ici. Au niveau musical, il y a je pense (j'espère !) une touche dans la manière de composer même si ces trois opus ont chacun une personnalité très affirmée.

Vos compositions possèdent indiscutablement le sens de l'épopée à travers des paysages grandioses où aventure et magie se côtoient ; quelles notions, quels sentiments pour Artefact se rattachent à ces mots ?
Notion de grandeur, de ténèbres, contenant quelques éclaircies ici ou là, de noblesse, d'esprit de conquête, sentiments de profondeur, de valeurs ancestrales, d'austérité, de rébellion pourraient être quelques termes adéquats en relation avec Artefact.

Qu'est-ce qui nourrit l'inspiration de votre black metal fantastique ? Outre les mondes imaginaires lointains, la vie de tous les jours peut-elle, parfois, être une source d'idées pour Artefact ?
Bien sûr, il y a forcément une part de réel dans les charpentes médiévales fantastiques de nos titres mais elle est intrinsèque et s'exprime de manière souterraine à notre musique, elle vient forcément d'une part viscérale et terrestre de nous-mêmes mais en même temps a aussi des répercussions aériennes.

Que raconte le chœur de "My inner sanctum", un titre aussi beau que bref ?
"My inner sanctum" évoque le recueillement, le retour au moi profond dénué du superflu et retrouvant son essence énergétique.

"Gargoyles rest", le morceau qui clôt l'album, est une superbe partition écrite pour piano ; que symbolise-t-elle, quelle est son histoire ?
Ce morceau est un arrangement libre, une sorte de "fantaisie" composée à partir de la deuxième piste intitulée
"Gargoyles unleashing", Sephiroth en a interprété sa propre version.

Vos artworks sont toujours particulièrement soignés, pourquoi votre choix s'est porté sur une gravure du grand Gustave Doré pour "Ruins" ?
Naturellement, cette image semblait correspondre à la musique composée dans
"Ruins", elle représente bien les aspects, sombres, tourmentés et en même temps épiques et conquérants émanant de notre musique. Gustave Doré est une icône artistique chez les Black-Métalleux, nous lui avons rendu hommage encore une fois à notre manière.

Nice étant le berceau du groupe, je voulais savoir si des endroits, des sites précis de cette ville et de la région qui l'environne vous tenaient à cœur et pouvaient vous inspirer ?
Oui, l'arrière-pays niçois est riche d'histoire et le paysage qui le compose est d'une grande diversité. On connaît davantage la Côte d'Azur et ses longues plages, mais derrière ce décor qui peut paraître un peu brillant, il y a aussi de grandes montagnes, des coins plus reculés, des forêts et des sites médiévaux.

Vous avez, en février dernier, effectué de nombreuses dates en compagnie de Svart Crown, autre groupe niçois, comment s'est déroulée cette tournée ? En gardez-vous des souvenirs marquants ?
Pour une première fois, la tournée s'est très bien déroulée, nous nous en sommes sortis financièrement et mentalement, ce qui est déjà un bon point. C'était l'occasion de rencontrer des personnes appréciant le groupe et d'autres fois de faire connaître notre son à des néophytes en leur laissant le soin de se forger leur propre avis sur Artefact. Je pense que chacun aura gardé un souvenir particulier de ce périple, je pense différent suivant les membres.

Avez-vous déjà projeté des vidéos durant vos prestations scéniques ? Sinon, pensez-vous un jour utiliser ce médium sur scène ? A moins que la tourbillonnante galerie d'images que l'on se fait tout seul en vous écoutant soit suffisante…
Nous avons déjà pensé à cette solution-là, mais pour le moment, nous n'avons pas les moyens de financer un tel équipement, il y a pour l'instant d'autres priorités. Pour le moment, l'auditeur doit laisser se former en lui ses propres images et impressions, parfois ce sont d'ailleurs les meilleures scènes que l'on pourrait engendrer. Mais nous verrons pour l'avenir, cela peut être une idée à creuser.

Si Artefact devait mettre en scène le film de "Ruins", à quelle claque cinématographique devrait-on s'attendre ?
Il y aurait plusieurs cas de figures possibles. D'un côté, l'on pourrait avoir un film très épique et sombre avec un grand budget et une ambiance médiévale/fantastique, de l'autre cela pourrait être beaucoup plus surréaliste et bizarre avec un scénario suivant sa propre logique dans un enchaînement d'évènements apparemment sans autre but qu'eux-mêmes.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ? Toujours beaucoup de concerts je suppose…
Pas tant que ça. Le but n'est plus de jouer à tout prix en France, mais plutôt de permettre à notre musique d'avoir un réel impact en dehors de nos contrées connues. C'est l'objectif principal.
Si tout va bien, la réalisation d'une nouvelle œuvre sera la suite logique de cette expansion.

Les Sentinelles vous remercient pour le temps que vous leur avez accordé et vous invitent à apporter le mot de la fin à cette interview…
Merci pour votre intérêt pour le groupe et n'hésitez pas à prêter une oreille à nos prochaines productions.


                       Gasp (mai 2008)

 

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