Gor - Ialdabaoth

GOR
Ialdabaoth
Prikosnovénie, 2001

 

 

Si «Bellum Gnosticorum», le premier album de Gor, était une réussite, ce «Ialdabaoth» est un véritable joyau brûlant de mille feux. Tournons notre regard vers la Source, la Connaissance, vers cette application oubliée au mystérieux, l’art de Francesco Banchini peut nous y aider à condition que nous ouvrions les portes de notre âme. Plus sombre et mystique que son prédécesseur, cet opus ranime les forces ancestrales à grand renfort de percussions (entre autres instruments), la voix du musicien est également présente, apportant une dimension et une profondeur conséquentes à l’œuvre. Dès «Salva Meam», le titre accueillant l’auditeur intrigué, le chant agit telle une essence provoquant tour à tour apaisement et frisson. Le très beau «Kyrie Eleison» témoigne d’un art consommé, on se laisse saisir sans problème par ces émotions habitées par les expressions du sacré : «Eximi Possit Imperio» a un peu l’allure d’un rituel inquiétant, «Rosa Mistica» est un morceau plutôt envoûtant alors que «Inno al Demiurgo» a la teneur d’une invocation. De l’austère et martial «Regis Mundum» on glisse entre les ombres de l’étrange «Pneuma» offrant un délicat échantillon de minutes hantées et insidieuses, impression confirmée par ces plaintes lointaines peu rassurantes. On pose guitare, flûte et tambours en offrande au caractère dépouillé de «Nomine Christe» et «Glorificatur Templi», envol de prières avant la touche lumineuse de «Kalila». Au carrefour du spirituel et de la sensualité, c’est à un périple obscur et mordoré que le percussionniste d’Ataraxia nous convie, et ça ne se refuse pas.

       Gasp