Foundation Hope - A Call to All Redeemers

FOUNDATION HOPE
A Call to All Redeemers
Divine Comedy Records, 2006



De l’espoir, il n’en est pas vraiment question ici, ou bien seulement de ses restes fumants une fois passées les pluies acides de la désillusion. Ce territoire de l’ironie est un espace angoissant invitant de sombres pensées à prendre forme dans nos têtes. Tout le poids de l’existence, avec ici un clou rouillé en plein cœur, se dessine à travers les compositions de "A Call to All Redeemers"; des étendues grises où émergent parfois de froides mélodies ont étouffé l’horizon, c’est une symphonie du néant peuplée de sonorités qui viennent de nulle part pour vite y retourner. Echos métalliques et saveurs industrielles, passage d’une fréquence comme le ferait un œil espion, chœurs et samples de voix errant sur les landes suicidaires d’un monde où la marche du temps semble avoir été figée. A ce propos, "Seul contre tous" saisit carrément les tripes avec son échantillon vocal (en fait, l'un des nombreux monologues de Philippe Nahon dans le film éponyme de Gaspar Noé).
Joep Smaling, initiateur du projet, propose sur son premier opus des moments assez forts et poignants, ainsi "Void Aesthetics" dont la beauté tendue paraît à tout instant être sur le point de se déchirer. Oppressant et cauchemardesque, ce dark ambient joue sur la pesanteur de ses atmosphères ; l’horreur nous frôle et reprend sa route, le mal est en puissance, à moins qu’il ne soit déjà trop tard, nous ne serions alors plus que poussière éparpillée sous les voûtes de cette cathédrale de l’espérance.

      Gasp