Fields Of The Nephilim - The Nephilim

FIELDS OF THE NEPHILIM
The Nephilim
Situation Two, 1988



Pour une fois je vais me faire le chantre de l'intégrisme du "gothisme" ! (on devrait fusiller le premier qui a utilisé ce mot). Quiconque se réclame de l'étiquette goth et ne possède pas cet album ne mérite qu'un sourire condescendant. Fields Of The Nephilim ne fait pas du gothic rock, Fields Of The Nephilim EST le gothic rock. "The Nephilim" est une bible, l'objet sacré que l'on se doit d'écouter dans un recueillement religieux et dans le plus profond respect pour le prophète Carl McCoy. Un album parfait et hors du temps, neuf titres, neuf pièces maîtresses qui n'ont pas pris une ride, qui conservent écoute après écoute leur pouvoir d'évocation et leur flot d'émotions. Neuf joyaux qui s'enchaînent parfaitement et donnent au final une œuvre d'une cohésion jamais égalée, permettant ainsi une immersion totale dans l'univers des Nephilim. On aura beau chercher une faiblesse à "The Nephilim", on en trouvera pas, emmené par la voix sombre de McCoy, les frères Wright, les Yates et Pettitt donnent toute la démesure d'un groupe d'exception et rendent l'histoire du gothic rock après 1988 purement anecdotique. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter "Last Exit for the Lost", à mon sens la plus belle composition jamais écrite, une construction admirable, une évolution mélodique, dramatique et rythmique qui en font un chef-d'œuvre absolu. Mais citer uniquement ce titre n'est que pure hérésie, parce qu'il n'est que la conclusion d'une chevauchée fantastique et héroïque entamée avec "Endemoniada", qui éclate en perfection dans la poussière de "The Watchman", ne souffre pas d'être moins que très bonne en parcourant "Phobia", atteint le sublime avec "Moonchild", puis vient le génie qui déchaîne les sables du désert, "Chord of Souls" ; cruellement absent de la version vinyle, il clôt le premier tableau et annonce le second, "Shiva"… Un chant qui vous pénètre l'âme, une guitare, "Celebrate", les mots sont trop faibles pour exprimer tant de grandeur dans une telle simplicité. Puis "Love under Will", voie royale qui mène à "Last Exit for the Lost"… Que peut-on écouter après ça ?... Rien… "The Nephilim", l'une des Merveilles du Monde ; s'il ne devait en rester qu'un, ce serait celui-là.

        Brown Jenkin