Eretsua - Microcosms

ERETSUA
Microcosms
Divine Comedy, 2007



Etrange univers que celui de Vincent Schenck, un vaste dégradé de bleus électrisé par des milliers de pixels, autant de scintillements pour les houles partagées des masses nuageuses et de l'océan. Un climat froid installe ses pâleurs brumeuses, on a le sentiment de traverser un rêve, des gouttes d'eau tombent au ralenti dans une flaque de lumière égarée près des ornières de l'aube… Electronica, ambient et industriel, Eretsua les manipules sur la frange de ces visions hypnotiques où les rythmes se font et se défont, lesquels émergent d'une nappe cristalline et s'oblitèrent de sonorités rêches et acides avant de se disperser. Présence mélodique flottant au cœur de l'espace, traces du temps dans la glaise de l'éternité, qu'un rien de notre passage ait pu semer une note immédiatement oubliée sur les chœurs de la Nature, est-ce cela que nous murmurent ces paysages indifférents figés dans l'écrin du vaste ciel ? Parmi les influences de Vincent Schenck, celle d'Ab Ovo n'est pas la moindre (le duo français a d'ailleurs réalisé l'un des trois remixes figurant sur l'album, les deux autres étant signés Flint Glass et Oil 10). "Microcosms" suggère un effet de faux apaisement, quelque chose est là et ne nous laisse jamais vraiment en repos, ce voyage n'en est que plus captivant.

      Gasp