Elhaz - Malemort

ELHAZ
Malemort
Raven Circle, 2006

 

 

Lente est la nuit qui se dépose en épaisses ténèbres, lente est cette couronne de corbeaux qui achève sa descente en noires éraflures, lents sont les accords mortuaires d’Elhaz… La formation française (originaire de Chambéry) nous pousse dans l’antre de "Malemort", un lieu qui ignore la lumière, excepté celles de ces maigres flammes qui agitent leurs ombres maladives sur ces murs humides et pourris. Voici donc six compositions assez longues dénudant leurs visions torturées entre les serres coupantes d’un true black qui semble nous tendre un bouquet de lames de rasoir. Souffrance, larmes, colère, les ambiances retracent l’histoire de ces plaies douloureuses qui ne se refermeront jamais ; le chant de Samigina, terriblement efficace, fouille ce cadavre ensanglanté, s’accroche à tous ces squelettes déambulant au cœur de la grande nocturne interminable où s’échouent les hurlements de l’infini. Des claviers discrets dessinent çà et là un ornement sur le suaire cousu par des guitares en grisaille ; quelquefois, la batterie s’emballe, mais le ton du propos est de répandre doucement notre sang sur le sol… C’est d’ailleurs dans l’écrin de ces tempos allongés que le regard d’Elhaz brille le mieux, il jette un éclair haineux sur ces froides atmosphères où de bonnes mélodies viennent nous surprendre et nous attirent dans ce labyrinthe d’émotions nocives. Que dire de plus, sinon que "Malemort" est une réalisation à découvrir absolument et Elhaz un groupe à suivre de très près.

       Gasp