Division Alpha - Palingenesy

DIVISION ALPHA
Palingenesy
Holy Records, 2006

 

 

Alors que les cycles de science-fiction dans le domaine de la littérature ne suscitent guère l'intérêt au-delà des trois premiers volumes (exception faite d'un nombre ridicule d'auteurs, avec à leur tête Iain M. Banks, au vu des tonnes de papiers imprimés), Division Alpha réussit la prouesse de nous tenir en haleine tout au long de quatre albums dans un exercice encore plus ardu, mettre "la chose" en musique. Je ne m'attarderai pas sur le cinéma où les rares films ayant vraiment apporté à la SF un thème qui n'était pas déjà présent dans les livres se comptent sur les doigts d'une main ("Blade Runner" est à ce titre la plus remarquable réussite dans le sens où il donnera au cyberpunk une grande part de son esthétique) et où les cycles dressent des immondices à la gloire du septième art (si "Matrix" par exemple est un bon film, et rien de plus, ses suites sont à vomir). Le sujet choisit par la formation n'est pourtant pas vraiment inédit dans le genre, la lutte entre l'Homme et la Machine ne date pas d'hier dans la SF, mais Division Alpha porte magnifiquement les mots sur une musique parfaitement adaptée à son propos. "Palingenesy" n’est pas seulement l’aboutissement d’une histoire, c’est aussi celui de musiciens qui n’auront jamais autant maîtrisé leur art, le meilleur moyen de décrire cet opus serait de reprendre les compliments adressés à ses prédécesseurs et de les multiplier à la puissance trois, même si, il faut le reconnaître, il ne bouleverse pas leur savoir-faire. L’électro métal indus de Division Alpha est sûrement dans ce domaine musical le nec plus ultra, c’est donc à regret que nous laisserons Psykron derrière nous, mais gageons que les artistes français sauront conduire leur vaisseau vers d’autres dimensions de l’imaginaire et illuminer d’autres galaxies. Alors que la science-fiction est au plus mal, rongée par les trolls, les fées et les magiciens à la petite semaine, Division Alpha vient la réanimer là où l’on s’y attendait le moins ; pour terminer n’oublions pas de préciser que "Palingenesy" est agrémenté d’un packaging superbe.

       Brown Jenkin


   • Fazium One
   • The Dekta Release
   • Replika
   • Interview (année 2007)