Diaphane - Lifeforms

DIAPHANE
Lifeforms
Ant-Zen, 2013

 

 

Trois années se sont écoulées depuis "Samdhya", le premier opus de Diaphane, avec pour l'ex-Ab Ovo Régis Baillet l'émergence d'un nouvel horizon dédié aux architectures électroniques qui lui sont chères.
"Lifeforms" inscrit nettement une distance avec le projet initial du musicien, affirmant une personnalité qui faisait encore défaut sur l'album précédent. Une chose est certaine, les formes de vie qui s'épanouissent tout au long de ces dix compositions témoignent d'un travail d'écriture qui surprendra l'auditeur à la juste mesure d'une palette riche et variée.
Les états de l'ombre et de la lumière traversent un corps sonore faisant parfois écho à un traitement plus «industriel», "Iridium" et ce qui pourrait presque rappeler un "riff" de guitare en est un exemple, ou bien encore l'irritable "Metastable".
Ce voyage de soixante minutes s'opère en profondeur, nous invite à accueillir les énergies multiples qui parcourent chaque veine et artère de l'oeuvre, sa plus discrète cellule où une aura nostalgique peut se fait sentir comme un souvenir lointain à la poursuite de la mémoire.
Si cette réalisation se montre capable de parler à nos émotions, c'est que la plus infime particule l'habitant est en symbiose parfaite avec toutes les autres; de l'élaboration des rythmes aux "cassures" qui les font naître et mourir en passant par ces climats plus «ambients» hantés par des notes de piano ("Rhizomes", "Microline"), "Lifeforms" constitue un tout qu'il est nécessaire de bien écouter et réécouter afin de pouvoir en apprécier toutes les subtilités, la beauté d'une nuit pas toujours paisible dont la trame s'accomode çà et là d'étoiles filantes au grain quelquefois acide et mordant.

       Gasp