Diablo Swing Orchestra - The Butcher's Ballroom

DIABLO SWING ORCHESTRA
The Butcher's Ballroom
Candlelight, 2006



Non, Diablo Swing Orchestra n'est pas un énième groupe de métal à chanteuse, style qui depuis quelques années nous propose le meilleur comme le pire (surtout le pire depuis un certain temps)... DSO ose le mélange de genres n'ayant pas grand-chose, à priori, à voir les uns avec les autres, ainsi, la fusion métal et jazz de "Balrog Boogie", le morceau qui ouvre le bal, ou bien encore le génialissime "Poetic Pitbull Revolutions" mariage parfait du froid scandinave et de la chaleur mexicaine, et que dire du feu d'artifice final, "Pink Noise Waltz" ? "The Butcher's Ballroom" ne se contente pas de jouer les bricoleurs du dimanche, de collages de cours préparatoire, ici les apports extérieurs au métal s'intègrent comme s'ils avaient toujours fait partie de la famille. Quant à Annlouice Loegdlund elle fait passer Tarja "ex-Nightwish" Turunen pour une chanteuse de musette, elle possède outre un timbre d'une rare puissance, une gamme étendue dont elle use à merveille et n'oublie pas de ne pas se prendre au sérieux. La salle de bal du boucher dissimule d'ailleurs ici où là quelques touches d'humour, l'aspect jouissif et décadent de la chose n'échappera à personne.
Annlouice laisse de temps en temps sa place à une voix masculine, mais plutôt que nous rejouer le coup de la Belle et la Bête, Daniel Hakanson officie de préférence dans le domaine pop-rock. La grande diversité dans le brassage des influences et des instruments (piano, didgeridoo, violoncelle, violon, trompette, flûte...) n'empêche pas l'homogénéité de l'opus ni bien sûr au métal de s'exprimer pleinement, force et virtuosité au service d'un album hors norme et passionnant (ses 50 minutes passent beaucoup trop vite), véritable remède contre la morosité et qui prouve que même au 21è siècle on peut être original et commettre un chef-d'œuvre… parce que c'est bien à cela que nous avons affaire ici !

      Brown Jenkin