Dementia Ad Vitam - De Gaïa, le Poison...

DEMENTIA AD VITAM
De Gaïa, le Poison...
Naturmacht Productions, 2010

 

 

Trois ans après "Spirit of the Trees", Dementia Ad Vitam revient avec une seconde réalisation dont le visage témoigne d'une expression plus ample et aboutie. Oeuvrant toujours sous les spirales de brume d'un dark atmospheric néoclassique, le groupe français a su poursuivre sa voie dans les méandres d'une âme sans repos, raconte une histoire de larmes et de sang prompte à imprimer nos émotions de sentiments à vif, douleur lancinante refusant de se taire...
Ambiances mélancoliques de pluie, de vent et de solitude ou théâtre luciférien et apocalyptique s'animant de révolte (on retrouve à nouveau l'empreinte d'Elend), l'ensemble se visite telle une obscure galerie de portraits aux mines graves, à moitié dans l'ombre, et ne peut laisser indifférent.
Symphonie d'une blessure éternelle hantée par des spoken words murmurés, un piano, des nappes de synthé et une guitare acoustique (écoutez par exemple le poignant "A Présent si Triste"), on déambule dans les allées désertes d'un vieux parc, cherchant parfois à retrouver sur les traits de marbre des statues une muette correspondance, ce trouble inconsolable accaparant la moindre note de cet opus.
Des claviers du désespoir, Dementia Ad Vitam en ressort la beauté, une narration de la souffrance où l'on accepte sa damnation tel un présent que l'on croyait maudit avant d'en deviner les promesses...
Quelques vocaux déchirés ("Absurde et Mortelle"), tableaux s'affirmant en cohérence et retenant toujours notre attention parce qu'ils détiennent tous leur cachet propre (la touche martiale de "Nuit Eternelle" avec ses percussions vaguement tribales est une bonne surprise), "De Gaïa, le Poison..." s'écoute comme on lit un de ces mystérieux livres ornés de gravures façon Gustave Doré, un exercice de talent et de sincérité avec ses rebondissements, tensions, éclats et peines à découvrir sans plus attendre.

       Gasp