Death In June - The Wörld Thät Sümmer

DEATH IN JUNE
The Wörld Thät Sümmer
NER, 1986



Le sang de l'hiver coule des premières notes de l'album… Meurtrissures, blessures que le son d'une trompette emporte sur la cime d'un vent glacé. Monde désenchanté et froid que celui de cet opus où plane, entre autres, l'ombre torturée de Mishima (une référence majeure dans l'univers de DIJ); assemblage de larmes gelées abritant une lointaine rougeur qui pourait signifier la manifestation d'un espoir et d'une lutte. La dark folk de Douglas Pearce se drape ici d'un voile funèbre ("Blood of Winter", "Love Murder") sans contrarier le dessin mélodique, très fort, autant que les émotions qu'il fait naître; "Come before Christ and murder Love", "Rule again" ou encore "Torture by Roses" en sont des exemples parlants.
Guitare, percussions, sonorités électroniques, la voix hypnotique de Douglas P. et son univers de symboles ; chaque protagoniste dédicace ses mouvements à la mort, l'amour, le combat et la souffrance à travers les images du masque, du poignard et de l'uniforme.
"Blood Victory", c'est l'hymne belliqueux secondé par un David Tibet aux manifestations vocales acérées que rejoignent les «Hurrah !» de Douglas achevant la chanson.
Quant au sinistre
"Death of a Man", il nous convie pendant plus d'un quart d'heure à la folie, à l'étouffement avec ses percussions, samples divers et bruitages cauchemardesques. Une violence que l'on devine, à peine dissimulée par un rideau de fumée âcre aux formes éprouvantes. L'on retrouvera des atmosphères similaires, trois ans plus tard, sur "The Wall of Sacrifice".
Une rune et une tête de mort sur la poitrine, pour un cœur battant au-delà du bien, du mal et des apparences.

       Gasp