Death In June - Peaceful Snow

DEATH IN JUNE
Peaceful Snow

NER, 2010

 


Cet album marque une pause bien méritée pour l'instrument qui accompagne Douglas P. depuis une trentaine d'années; la guitare acoustique a donc cédé ici sa place à un piano, conférant au visage de DIJ une expression inattendue où se détachent sur le matériau empreint de nostalgie que l'on connaît déjà des moments encore plus poignants.
L'homme derrière le clavier, c'est Miro Snejdr, musicien slovaque qui soutien par son jeu sensible cette nouvelle collection recelant quelques joyaux mélodiques dont seul Douglas P. a le secret. A travers cet angle d'approche «pianistique», la marque demeure intacte; j'évoquais la nostalgie, elle déploie ici une aura particulière, c'est un peu comme des traces de pas qui s'enfuient vers un horizon enneigé et que chaque note suit en sachant qu'elles ne pourront jamais rejoindre la personne qui s'en est allée... Le titre éponyme et "My Company of Corpses" en sont deux exemples, mais la totalité de cet opus magnétique pourrait prétendre à ce sentiment; il sait indéniablement capturer nos émotions et finalement nous abandonne, une brume douce amère à la surface du coeur.
Quelques sons, tels des échos lointains, affleurent çà et là discrètement, et de "Murder Made History" à "The Maverick Chamber", le parcours est sans faiblesse, partageant ses nuances et sa richesse au-delà d'un premier contact avec l'objet qui pourrait s'avérer un peu trop minimaliste et dépouillé.
Concernant le dernier titre cité, notons qu'il ne figure pas sur l'édition vinyle (deux disques au format 10") mais en revanche apparaît sur la face B du 7" édité par Extremocidente.

Le second CD accompagnant l'édition limitée de "Peaceful Snow" réunit 17 morceaux parmi les grands classiques de DIJ, instrumentaux «relus» par le piano de Miro Snejdr; cependant si "Lounge Corps" n'est pas inintéressant, il ne représente pas non plus une pièce indispensable, un "prolongement" qui n'a que peu retenu mon attention.

      Gasp