Death In June - Nada !

DEATH IN JUNE
Nada !
NER, 1985
[NER/Tesco, 2002 pour la réédition]



"The Honour of Silence"… Un morceau grave et poignant comme première marche de "Nada !", opus s'inscrivant au rang des incontournables de D.I.J. Mariages d'atmosphères où une électro froide, en demi-teinte, occupe une place importante, partageant son grain synthétique avec une folk sombre reconnaissable entre mille ; des titres tels "Leper Lord", "Behind the Rose (Fields of Rape)" ou le célèbre "She Said Destroy" ne sont pas les moindres témoignages d'une palette d'émotions qui nous poignardent le cœur sans détour, ballet d'aigles s'apparentant presque parfois à de véritables hymnes dotés d'un charisme épique servis par les chants profonds de Douglas P. et Patrick Leagas.
Une aura mélancolique toujours sur ce navire que Tony Wakeford a quitté, alors que David Tibet (Current 93) y fait de discrètes apparitions. Le très électronique "The Calling (MK II)", que l'on retrouve plus loin dépouillé de son vernis "dancefloor" (voir les titres en bonus), ne trompe pas malgré son côté entraînant : nous avons bien en face de nous un visage de marbre d'où perle une larme de sang.
"Foretold", par exemple, ou "C'est un Rêve" qui perturbera plus d'un auditeur ne s'opposeront certainement pas à cette vision d'énergies contraires qui parviennent à s'unir sur le territoire de DIJ, nous poussant dans un tournoiment de troublantes sensations.
Mais avec "Crush my Love" et surtout "The Torture Garden", messe hypnotique célébrée autour d'un autel de pouvoir et de mort (que l'on pourrait comparer entre autres à "We are the Lust" qui apparaîtra sur "Brown Book" en 1987), un poids supplémentaire alourdit notre âme.

Cette édition prolonge le plaisir puisque six compos' issues du LP "From Torture To Conscience" ("The Torture Garden" et "Last Farewell"), du 12" "She Said Destroy" ("The Calling" et "Doubt To Nothing") et du 12" "Born Again" ("Carousel (Bolt Mix)" et "Born Again") étendent les murmures du soleil pâle derrière cet amas de branches noueuses sans illusions, arche ultime jetée au-dessus du néant, en 1985 le combat ne faisait pourtant que commencer.

       Gasp