Death In June - Brown Book

DEATH IN JUNE
Brown Book

NER, 1987

 


Chapitre fort de l'aventure DIJ, "Brown Book" paraît en 1987, succédant à "The Wörld Thät Sümmer". Autant provocateur que séduisant dans sa capacité à absorber l'auditeur dans les climats les plus troubles, cet opus (qui fut interdit en Allemagne) possède quelques joyaux obscurs frappés du symbole Totenkopf, magnétique et sulfureux.
On retrouve donc la «manière» mélodique qui flashe en instantané, nous rallie au néofolk d'un Douglas P. invitant à trouver sa propre voie au-delà des simples apparences. "Touch Defiles", "Runes and Men" ou le très accrocheur "To Drown a Rose", doté du charme tout particulier qu'apporte la présence de Rose McDowall sont des morceaux qui séduisent l'oreille et n'usent pas leur plaisir au fil des réécoutes.
Plus mystérieux, "Red Dog – Black Dog" oppose des spoken words à une ambiance fantomatique qu'entretiennent les voix de Douglas et Rose; étrange et prenant, on ressent alors un contraste avec "The Fog of the World", presque «optimiste», pour mieux retomber entre les quatre murs suintant d'angoisse de "We are the Lust", interprété par feu John Balance (Coil). Pesant, couvant de vagues menaces, ce titre nous hypnotise, nous engourdit dans les liens de ses échos malsains.
Le sieur David Tibet (Current 93) sait jouer aussi de son empreinte vocale, d'abord sur un "Punishment Initiation" dont le «roulement» de guitare semble nous scruter, précédant ces cordes dominées par l'aplomb d'un soleil de mort régnant sur "Burn Again", la compo' refermant l'album.
Entre ces deux épisodes de temps suspendu se tient le titre éponyme, lequel a dû faire grimacer bien des trognes puisque on y entend, mené par Ian Read (Fire+Ice) et chanté a cappella, le Horst Wessel Lied, l'hymne des SA, parfaitement décliné dans l'écrin de sa beauté dérangeante...

Notons pour terminer que la réédition de "Brown Book" en 2000 s'accompagne de trois bonus, des instrumentaux reprenant respectivement "Hail the White Grain", "To Drown a Rose" et "Runes and Men", mais n'apportent rien de notable au CD; bref on aurait pu s'en passer !
En revanche, l'édition baptisée "Braun Buch Zwei" (2009) offre des prolongements plus intéressants; on y croise entre autres une relecture de "We are the Lust" intitulée "Europa : The Gates of Heaven and Hell" (voir aussi la «collection» réunie sur "Abandon Tracks !" [2005]).

       Gasp