Das Ich - Staub

DAS ICH
Staub
Danse Macabre, 1994



Après la révolution provoquée par "Die Propheten", Das Ich se devait de lui donner un digne successeur. Performance réussie, cela d'autant plus que ce "Staub", s'il reprend les recettes imposées, ne se repose pas sur les acquis du duo. On retrouve donc les aspects symphoniques et industriels du précédent opus ; cependant ces derniers ont subi de profondes mutations et occupent une place plus large dans l'univers sonore du groupe. Cet afflux d'électronique ne parvient pourtant pas à rompre l'équilibre atteint auparavant. S'il n'y avait le chant si hâché et halluciné, toujours en allemand, de Stefan Ackerman, on évoquerait du coup volontiers et souvent Laibach, des percussions plus martiales soutenant la comparaison. "Staub" est sans doute moins spontané que "Die Propheten", plus réfléchi dans ses détails, mais il n'en conserve pas moins une sincérité qui lui donne une égale profondeur. Das Ich quitte le théâtre gothique de la souffrance pour les friches industrielles d'une ère post-humaine, mais toujours les ténèbres, la désolation, la démence, reflet d'un monde qui agonise. L'une des formations de la mouvance "gothique" qui aura le mieux exprimé le beau dans ce qui ne pouvait pas l'être, dans ce qui ne devait pas l'être.

       Brown Jenkin