Cristalys - Suréminence

CRISTALYS
Suréminence

Autoproduction / Pagan Pride, 2009



"Jadis... Vers les Puretés" avait exhumé la Fleur de Lys, la lavant du sang de ses martyrs, "Quintessence Celtique" élevait cette Croix éponyme tel un glaive de granit, la dressant en un soleil visionnaire où les deux symboles se mariaient à l'aune des puissantes unions séculaires, "Suréminence", premier album de Cristalys, transcende la portée de ces messages et fond l'acier et l'or en un prestige lumineux et conquérant que rien ne semble pouvoir arrêter... Les deux réalisations précédentes révélaient déjà un talent certain pour évoquer des atmosphères épiques capables de parler sans détour à l'auditeur, portant directement en plein coeur, le présent opus a dégagé avec la plus percutante sincérité l'essence d'une terre et de son Histoire à travers un climat de grandeur, de fierté et d'honneur des plus poignants ! Emergeant d'une brume scintillante propre à une émanation spirituelle sans âge et omniprésente, c'est l'ombre de tous les braves qui se battirent pour la vieille Europe qui éclaire cette fronde des siècles surplombant "Suréminence" telle une couronne...

Débutant par un "Hymne" installant une ambiance guerrière et noble, "Gardiens et Conquérants" monte au créneau, laissant exploser la ferveur et la rage combatives sur la portée d'un black metal ancestral de haute tenue où la "signature" cristalyste reprend à l'ennemi les fiefs jadis perdus. Puissance, mélodie, ce flot d'émotions qui nous saisit les tripes et le chant de Northail, celui-ci vivant et menant de toutes ses fibres nerveuses chaque composition de l'oeuvre (laquelle se divise en trois parties) comme le ferait un prince guidant son armée vers la victoire ! Les morceaux ont cette étoffe d'énergie, cette façon d'élaborer l'épopée historique regardant vers le futur avec un style majuscule qui nous attire à lui tel un aimant, une sorte de véhémence hypnotique bouillonnant dans l'oeil du monarque. Des choeurs épiques traçant un paysage de fond grandiose soulignent un travail d'écriture soigné (instrumental et textuel) fait d'incursions acoustiques (écoutez les notes de cornemuse sur "Baise ma Hache"), d'assauts où le fer et le sang s'unissent en d'indéfectibles promesses, d'explosions de violence où la batterie de Wolfsangel se déverse en galops assassins, les guitares déchirant l'air glacé avant d'abreuver leurs riffs dans la nécropole mystique de Saint Denis, tout cela sous la "patte" personnelle d'un groupe très inspiré possédant indéniablement le sens de l'hymne qui accroche, transporte, de Jeanne d'Arc à Napoléon ("Cent Jours pour Mille Ans") en passant par Frédéric Barberousse et Vlad Tepes, autant d'âmes rassemblées ici en un seul esprit, une même entité infaillible !
Signalons également une solide production (signée Terje Refnes), celle-ci mettant en valeur une fresque de 64 minutes des plus réussies, des plus riches aussi, qui ravira tous ceux qui voudront bien se pencher sur ce très bon opus, et j'espère qu'ils seront nombreux !
Il ne me reste plus maintenant qu'à souhaiter longue vie aux Compagnons d'Armes de Cristalys, partis pour aller loin, très loin...

      Gasp