Cristalys - In Hoc Signo Vinces

CRISTALYS
In Hoc Signo Vinces

Autoproduction / Pagan Pride, 2013

 


L'aura qui émanait des salves conquérantes du très bon "Suréminence" n'a pas failli depuis 2009; Cristalys fait bien partie de ces entités artistiques qu'animent une sincérité indéfectible ainsi qu'une foi indétrônable, autant de foyers entretenant un feu qui se traduit par des hymnes guerriers dont la haute teneur émotionnelle a déjà fait ses preuves !
Une appréhension d'abord, mais n'est-ce pas la moindre des choses quand l'on suit un groupe de près, et ça depuis leurs débuts ? Allais-je retrouver cette dimension flamboyante de visions historiques où les valeurs du passé tendent la main aux volontés combatives d'aujourd'hui ? Je réponds sans hésiter par l'affirmative, "In Hoc Signo Vinces" marque une nouvelle étape qui révèle une formation en pleine possession de ses moyens, cultivant avec fougue son inspiration véhémente.

L'expérience tant attendue de la scène avec quelques concerts, un changement en termes de line-up, Blizzard ayant cédé sa place à un autre guitariste, J'Hell'M, membre du combo Death Metal Charnier, Cristalys a poursuivi son périple jusqu'à cette nouvelle offrande riche de neuf compositions.
De rage, de sang et de sueur, le Black Metal du quatuor révèle toujours ses reflets d'or dans la tempête; épique, martial, terrible aussi (écoutez le déchirant "La Valse des Martyrs"), autant brut que racé et travaillé, "In Hoc Signo Vinces" est le digne successeur de "Suréminence" ! Le cadre sonore rend pleinement hommage à la puissance qui émane des morceaux (le Sound Suite Studio encore sous la houlette de Terje Refnes); une batterie fulminante avec des parties blast beat (celles-ci présentant un timbre plus «sec») davantage mises en avant, un «concert» de guitares tout sabre dehors mais ne délaissant pas, par endroits, une écriture au rendu plus "clair" finement exécutée et quelques pics d'intensité qui font tout voler en éclats (l'excellent "Soldats du Sang" par exemple).

Tout cela part du fin fond des tripes et remue immanquablement l'auditeur; le chant de Northail, ses mots trempés dans la glaise des Gaules ancestrales, est l'expression même de cette empreinte d'authenticité comme brûlée au fer sur les chairs d'une Europe malade...
Un sens mélodique imparable (parfois épaulé par des choeurs), mais aucune fioriture, rien en trop, entre les meurtrissures de la défaîte et la longue marche vers la reconquête se manifestent les signes aux blessures apaisées d'une résurrection portée par le charisme poignant de cet opus qui, sous autant de signes favorables, ne peut que remporter de nouvelles victoires !

       Gasp