Chronique SONIC PROCESS

SONIC PROCESS
Milan Music, 2002

[CD paru à l'occasion d'une série d'expositions organisée par le Centre Pompidou du 16 octobre 2002 au 6 janvier 2003]

 

Intéressante compilation qui nous permet de poser l'oreille sur la planète confidentielle de quelques artistes officiant dans la musique électronique, "Sonic Process" nous demande simplement d'aller à l'aventure tout en gardant l'esprit ouvert. C'est Scanner qui tourne la première clé avec un "False light" pointilliste axé sur la répétition et pimenté de sonorités grésillantes, entrée en matière non dépourvue d'intérêt précédant "Intrigantes excerpt" de David Shea, morceau qui chatouille fiévreusement l'aiguille de notre boussole avec ses changements de directions brusques ; ambiance cinématographique pour essai expressionniste insaisissable lâchant soudainement une danse exotique ou un rythme énergique sur le fil sans repos de sa trame expérimentale. Cold Cut se la joue cool avec un titre assez léger, pas franchement déplaisant mais pas non plus l'extrait qui restera gravé longtemps dans notre mémoire… Richard Dorfmeister et Rupert Huber délivrent avec "Tosca live dub" un moment d'intimité où le pas feutré des humeurs du soir se coule sur les notes d'un piano à l'heure où tout semble s'arrêter. Mathieu Briand et Eric Lecoin se distinguent avec un "Atone" minimaliste et convaincant avant le "Resobulles" de RO3 qui construit son architecture sur ses nombreuses franges émaillées d'éclats brefs. Le "Ghost version (hallucinator mix)" de Flow Motion passe sur un tempo "plat" qui, en ce qui me concerne, résume ce titre à pas grand-chose, heureusement Matthieu Voirin et Eric Alcala nous font goûter aux saveurs d'un "Opak" proposant des angles stimulants et mystérieux. Seconde apparition réussie de David Shea, "Scene #8" résonne tel un folklore onirique caressant d'ancestrales réminiscences, et deuxième chance pour Flow Motion avec cette fois un peu plus de huit minutes flirtant avec un dark ambient qui sait murmurer dans les zones d'ombre de sa psyché. Phagz achève sur un mode magnétique un "Sonic Process" qui, bien que parfois un peu inégal, donne vraiment envie d'en savoir plus sur certaines régions de la galaxie électronique.

       Gasp