ChroniqueThe Mystery School (first album)

THE MYSTERY SCHOOL
The Mystery School

Cynfeirdd, 2002

 


L’artwork de Tor Lundvall invite à percer la saveur onirique de ces couleurs, on veut en savoir plus et avant tout connaître l’origine de cette musique si attirante… Carlos Boll, l’homme derrière The Mystery School, détache ses notes qui nous parlent de connaissances ésotériques et de sagesse ; chacun pourra y puiser l’énergie de ces frêles scintillements qui se tiennent là, au bord du chemin, mais que la plupart du temps on ne voit pas. Alors la magie des sons, une fois de plus, jette un pont entre nous et le monde à travers les compositions délicates de cet album. Ces dernières voguent sur les eaux calmes d’une dark folk imprégnée de mysticisme et de nostalgie, tonalités pastels soutenues par un éclairage intime et feutré où se défont les formes chimériques d’une fumée d’encens. Une étrange douceur qui ne se transforme pas en mollesse mais en vibrations, chaque instrument (guitare, violon, percussions, flûte…) travaillant à l’élaboration de ces images qui semblent appartenir à un rêve. La voix de Carlos Boll appuie ces vapeurs grisantes environnant un lieu où des ombres passent et se déplacent au gré d’un archet tenu par un certain Matt Howden ; oui, ombres et lumières, poésie et apaisement, charme tenace d’un chant féminin («Stolen»), voyage sensible où de brefs glissements rituels ou ethniques («Illumination») nous frôlent. Les mélodies nous parlent doucement à l’oreille, avec même parfois une certaine tendresse («Wave»), et sont un peu l’équivalent musical d’un nuage de papillons quittant un massif de fleurs sauvages. Que dire de plus, sinon que l’on tient là un très bel opus qui entrouvre les portes de son école en dévoilant les clefs d’une alchimie artistique de haute tenue.

      Gasp