Chronique Tactile Gemma

TACTILE GEMMA
Tactile Gemma

Season Of Mist, 2001

 

 

 

Formé par des membres d’Atrox et The 3rd And The Mortal, Tactile Gemma est ce qu’on appelle un OVNI, une création autant indispensable que difficilement classable. Mené par les superbes voix de Monika et Ann-Mari Edvardsen, cet opus recèle des ambiances ensorcelantes tout en révélant des constructions variées qui stimulent l’imagination. On suit les complaintes d’une rose de glace mourant d’enfanter un parfum si capiteux et délétère ; sensualité aux atours fantomatiques se ramifiant sur une partition où interviennent des rythmes qui lorgnent parfois vers le trip-hop, claviers et programmations s’étirant vers des espaces sublimes et inquiétants, guitare perlée sur d’entêtantes mélodies qui retournent nos perceptions dans leurs déliés. Le fantastique n’est pas loin, les visions à faire dresser les poils sur les bras non plus ; délicieuse corruption du conte de fée où une Alice un peu perverse s’en va rejoindre le dieu Pan de l’autre côté du miroir… Murmures et soupirs des nuits de pleine lune, brusque tension et démarche féline d’une créature que l’on croit avoir aperçue, je pourrais remplir des pages sur les images que m’évoque ce théâtre d’ombres avant-gardiste. Le charme profond de cette œuvre ne subit aucune faiblesse, 69 minutes en enfer et au paradis où serpentent continuellement de rares essences. Une touche plus «pop» çà et là, des progressions atmosphériques surprenantes et des chants de sirènes nous invitant à venir nous perdre, que dire de plus sinon que Tactile Gemma est un album extraordinaire à découvrir ou redécouvrir absolument !

      Gasp