Rose Land - Au Mont des Soupirs

ROSE LAND
Au Mont des Soupirs

Autoproduction / Frozen Wing Records, 2010

 

 

Reprenant plusieurs titres qui figuraient sur "Maladivine" (à l'origine une compilation autoproduite rassemblant des morceaux enregistrés entre 2003 et 2007), "Au Mont des Soupirs" revisite une partie de ce disque qu'un travail de remastérisation a doté d'une envergure sonore affirmant les ombres et lumières de cet univers intime.
Entre apaisement, nostalgie et mélancolie, les paysages d'Eric Apollinari s'offrent à nos émotions et notre imaginaire à la façon d'un voyage, autant intérieur que célébrant les trésors d'une Nature rendue à son écrin de pureté et libérée de toute présence. Nappes orchestrales, piano, sonorités plus «cuivrées» sur "Le Village Englouti" ou tempo discret d'une batterie sur "Jamais ne me Perds", les échos poignants du pays de Rose Land viennent inlassablement hanter notre coeur à perte d'horizon.
Agencement délicat des harmonies pour une écriture invitant au retour sur soi, à quelque méditation entre un rêve, une larme et parfois un sourire, "Au Mont des Soupirs" évoque un là-bas inaltérable, un frisson comme celui qui vient se déposer sur ma peau à l'écoute de "Ce Rêve Ailé" dont la mélodie et la texture «cristalline», soutenue par un piano entêtant, persuadent notre solitude de s'attarder en ces lieux, nous préparant à l'ambiance sur une frontière veille-sommeil d'"Ombres Blanches", frôlements d'une voix féminine à l'image du vent sur l'eau, deux très belles compositions à ranger au côté des vraies nouveautés de cet opus.
Loin du monde et hors du temps, empreintes fragiles sur les roses pâles d'une neige crépusculaire, j'espère que maître Apollinari poursuivra la visite de son album de souvenirs, parce que vous savez comme moi qu'il y a forcément quelque chose de l'autre côté du Mont des Soupirs.

      Gasp