Pale Roses - Unveiled

pale-roses-unveiled.jpgPALE ROSES
Unveiled

Rage In Eden, 2011

 

 

Le vagabond de la vieille Europe a repris sa guitare et poursuivi ce long voyage entamé avec "Fear of Dawn"; oui, c'est bien comme ça que je m'imagine l'homme derrière Pale Roses, emportant sa six cordes vers ces campagnes lointaines, esseulées, vers ces landes désertiques qui ne voient passer que le fracas des corbeaux dans leur ciel ourlé de gris.
D'abord une voix, le chant d'Arnaud Spitz s'accordant parfaitement à son style dépouillé, et au risque de verser dans le «cliché», il est vrai que sa dark folk porte dans ses harmonies les saveurs du vent et d'un feu crépitant au coeur d'une couronne de vieilles pierres...
Parmi les onze compositions qu'offre "Unveiled", certaines présentent une "orientation" ésotérique, ainsi Helena Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique, sur "Rise (for Madame Blavatsky)", John Dee, mathématicien anglais du 16è siècle qui consacra une grande partie de sa vie à l'occultisme ("Doctor Dee"), Elsie Wright avec la sympathique histoire des "fées de Cottingley", laquelle passionna entre autres Sir Arthur Conan Doyle ou encore le très controversé Uri Geller, personnalité qui détiendrait d'impressionnantes facultés en matière de psychokinésie... Si la part de rêve est donc la bienvenue, l'imposture est aussi montrée du doigt; la musique de Pale Roses ne souhaite pas nous endormir, ne veut pas que l'on soit aveuglé par le feu dont je parlais plus haut, au contraire, elle garde le bon oeil ouvert quand elle évoque la guerre et visite l'histoire de l'Europe, et sa part de mélancolie ne peut trahir cette douleur lancinante, indissociable de son caractère intimiste.
Tout comme le premier opus, "Unveiled" est une oeuvre sincère dont la tournure de certains morceaux (outre ceux cités plus haut, prenons encore "Summer of 64" ou "Fire in the moor") semble détenir comme un embryon d'évolution (toujours dans le cadre d'une écriture minimaliste) pour ce qui sera du futur de Pale Roses, un troisième chapitre qui nous réservera peut-être quelques intéressantes surprises.

      Gasp