Orchestra Noir - What if...

ORCHESTRA NOIR
What if...

Neuropa Records, 2010

 

 

Le EP "The Affordable Holmes" était à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre d'une formation rassemblant autour de Tony Wakeford des musiciens tels que Richard Moult (également responsable de la peinture ornant le digipack), Guy Harries ou Mark Baigent.
Alors qu'en est-il de "What if..." ? La magie, de celle qui opère à l'ouvrage des réécoutes, guette-t-elle l'auditeur au détour de ces huit compositions qui remuent l'âme comme le feraient les dessins du ciel avec les paysages d'une campagne désertique ? Oui, c'est bien le cas, on se laisse doucement "attraper" par ce jeu subtil d'émotions que dominent une mélancolie profonde et un sentiment de nostalgie irréductible.
Des tensions discrètes émergent de ces délicates constructions néoclassiques; violon, piano, hautbois et autres flûtes ne sont que quelques protagonistes apposant textures et couleurs sur une trame sensible, à fleur de peau, blessure à peine refermée...
Une douleur muette en errance méditative, mais aussi ce qui peut faire penser à une prière païenne sur la première partie de "A Second Before", Jessica Constable saisissant a cappella cette introdution qui échappe au temps ou la progression de "Nightjar" s'acheminant en densité, poignante; en d'autres termes l'écriture finement ouvragée recèle ces petits trésors qui ne sautent pas forcément aux oreilles tout de suite, l'ensemble évoluant en des régions du coeur et de l'esprit où la lumière n'est jamais au repos, la voix de Tony Wakeford et le chant féminin d'Autumn Grieve venant compléter ce tableau de toute beauté laissant parfois planer un ton plus mystérieux, insaisissable, «effet» en perpétuel dépassement qui hante les pages indispensables de "What if...".

      Gasp