Novo Homo - Private Hell

NOVO HOMO
Private Hell

Hau Ruck !/Tesco, 2004

 

 

Connu pour avoir fait paraître des albums sous son patronyme (voir "Music for Lovers & Gangsters" et "The Swamp Angel") et peut-être encore plus depuis qu'il accompagne Albin Julius dans l'aventure Der Blutharsch, Bain Wolfkind présentait ici un premier opus sous la bannière de Novo Homo, lequel succède au 10" "In Some Brutal Way He Was An Artist".
A chacun son enfer privé, celui-ci maintient une obscure pression sur nos épaules, la guerre est là, proche de nous, et certains morceaux collent parfaitement à cette ambiance menaçante et martiale ("Prinzessin" ou encore "Theater of War").
"Vlepit"
nous met tout de suite dans le bain, on est pas là pour rigoler, l'atmosphère est tendue et accapare vite l'attention avant l'obsédante boucle «symphonique» de "The Singer Who Fell From Grace With The Song" et la voix hypnotique du sieur Wolfkind; un chant qui donne dans les «graves patibulaires» et que soulignent quelques "effets" convenablement dosés. L'utilisation de sonorités plus "electro" ("Sexual Panzer", "The King of Obscene" ) complètent les séquences "samplées" et autres utilisations d'une guitare d'où s'écoulent des notes en échos froids ("Clinical as Broken Bone"), l'ensemble enfantant un paysage contaminé par un poison insistant, interdisant de se fier aux humeurs plus posées de titres comme "Border Patrol" ou "Jeanie regret rien" (ou comment des paroles de la môme Piaf finissent dans ce bar désert cerné par les reliefs d'une ville bombardée !).
"Private Hell"
s'achève par "Rat Line", enregistré live à Vienne en 2002, et qui donne une idée de la dose de noirceur que Bain Wolfkind est capable d'injecter sur scène; une tension qui monte progressivement, une violence larvée, des vocaux à l'image d'un flingue prêt à surgir d'une poche... Un enfer qui pourrait vite devenir le vôtre !

      Gasp