Chronique Nommam Erytz

NOMMAM ERYTZ
Nommam Erytz
Insidious Poisoning Records, 2007

 

 

Au bout de ce tunnel ne vous attendez pas à toucher la lumière, c'est au contraire un matériau encore plus noir et dense qui aspirera toute votre énergie vitale. Les douze compositions (non titrées) de cet album sont autant d'étapes au coeur d'un insondable cauchemar, une initiation au-delà de laquelle l'esprit ne fait plus qu'un avec le néant qui le dévore. Nommam Erytz a creusé l'abîme et libéré les vagues de pestilence, ce sont bien les germes de la folie et de la destruction qui naviguent sur l'océan nauséabond d'un dark ambient nocif truffé de pièges sonores et d'agressions imprévisibles. Si l'ouvrage ne se laisse pas investir facilement, vous pourrez apprécier après un temps d'immersion nécessaire les parts d'ombre épaisse où s'activent les zones de tension morbide, les flux minimaux, la menace terrible et le déchaînement cruel et bruitiste. Ainsi, le troisième morceau par exemple où un puits infernal vomit harsch industriel et power electronics, mur écrasant qui va aller en s'amoindrissant, semant des blocs désagrégés dans son sillage et mourant sous ces vents qui viennent de nulle part pour souffler sur le grand Rien. Déroutant, attirant, obscur, hermétique et nous privant de tout repère, cet opus est un voyage qui ignore absolument tout de l'intention d'un possible retour.

      Gasp

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