Nebel - Ghost of Pripyat

NEBEL
Ghost of Pripyat

Autoproduction, 2011
[Téléchargement libre]

 

 

Pripyat est une ville fantôme située sur le territoire d'exclusion entourant la centrale de Tchernobyl, une sorte de musée à ciel ouvert de l'ère nucléaire que Nebel nous invite à parcourir avec ce nouvel opus. C'est tout juste remis des tourments de "De Profundis" qu'il va falloir arpenter les rues à l'abandon d'un no man's land où pèse un terrible silence.
Traversant une période d'inspiration féconde, Lionel F. repousse encore les limites de son art avec brio en élargissant l'écran mental de l'auditeur. Dark ambient «cinématique» qui pourrait être le soundtrack idéal de l'un de ces films où l'on privilégie la suggestion, laissant grimper doucement le baromètre de la peur, "Ghost of Pripyat" est une usine d'atmosphères purement visuelles, une usine en ruine bien évidemment, où tout repose sur les épaules de l'imagination.
Renouvelant son propos sans jamais émousser la tension, Nebel répand une terreur diffuse, rampante, à l'instar de cet ennemi invisible qui pourtant règne en maître; des soupirs à vous faire froid dans le dos, l'ombre furtive de quelque stalker, la rouille et la poussière sous les reliefs d'une nature malade qui s'étend et reprend ses droits... Epousant l'architecture de ce squelette urbain rongé par l'atome, Nebel harmonise les différentes "dynamiques" en déclinant le spectre d'une horreur impalpable; on vit la scène, on est poursuivi, talonné ou sur le point d'exploser tant la pression est grande, celle-ci pouvant être rendue par des presque silences, des climats minimalistes qui frottent leurs lames sur notre moelle épinière.
Ecoutez cet album la nuit et seul de préférence, vous comprendrez alors que pour se retrouver véritablement au coeur de l'action, les artifices de la 3D ne sont que des moyens bien superficiels comparé au pouvoir évocateur que recèle une oeuvre telle que "Ghost of Pripyat".

      Gasp

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×